Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2212556
mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 décembre 2022, M. A D, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention vie privée et familiale.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour :
- elle n'est pas motivée ;
- elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- elle révèle un défaut d'examen réel et sérieux de la situation du requérant ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 8 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Iffli, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant angolais né le 4 novembre 1973 est entré en France, selon ses déclarations, en 2014. Il a été mis en possession d'un titre de séjour mention vie privée et familiale - étranger malade, arrivé à expiration le 18 avril 2021 et dont il a demandé le renouvellement. Par une décision en date du 23 novembre 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour et a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, si M. D soutient que la décision du 23 novembre 2022 est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de cet arrêté ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet, après avoir examiné la demande de titre de séjour sur la base légale invoquée par le requérant, à savoir l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a entendu user de son pouvoir discrétionnaire de régularisation pour examiner la situation du demandeur afin de vérifier qu'il ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur un autre fondement. A cet effet, il a demandé au requérant, par un courrier en date du 4 janvier 2021, de lui communiquer tout élément lui permettant d'effectuer cet examen, et notamment des éléments justifiant de sa participation effective à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Le requérant n'ayant pas fourni ces éléments, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En troisième lieu, le requérant estime que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation du fait qu'il est parent d'enfants français et qu'il contribue à leur éducation, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne justifie que d'une seule visite dans la commune de résidence de sa fille C et de trois envois de mandats au titre des années 2020 et 2021 pour un montant total de 850 euros et que, pour ce qui concerne sa fille B, le requérant ne justifie que de quatre mandats entre 2019 et 2022 pour un montant total de 629 euros. En outre, le requérant n'apporte aucun élément permettant de justifier qu'il participe à l'éducation de ses enfants dont, en tout état de cause, il ne partage pas le domicile. Dès lors, le moyen sera écarté.
5. En quatrième lieu, si le requérant estime que la décision de refus de renouvellement du titre de séjour méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant au motif qu'elle l'empêcherait de contribuer à l'éducation de ses enfants du fait du retrait de ses allocations et qu'elle aurait pour effet d'empêcher ses enfants de voir leur père, ce moyen, qui n'est pas dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français mais uniquement contre la décision de refus de titre de séjour, laquelle n'affecte pas de façon directe et certaine la situation de l'enfant, est de ce fait inopérant et devra donc être écarté.
6. En cinquième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, si M. D est atteint d'hémiplégie depuis qu'il a été victime d'un AVC il n'apporte aucune pièce permettant de contester l'existence ou la disponibilité du traitement approprié dans son pays d'origine, ni ne conteste sa capacité à effectuer le voyage jusqu'à ce pays. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du CESEDA ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
7. En sixième lieu, la décision de refus de titre de séjour n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale sera écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Iffli, conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
C. IFFLI
Le président,
S. DEWAILLY Le greffier,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,