Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2301048

jeudi 1 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2301048
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui contestait le refus du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation en sécurité privée. La requête a été jugée manifestement irrecevable car M. A n'a pas produit l'intégralité de la décision attaquée du 29 septembre 2022, malgré deux demandes de régularisation du tribunal. Cette irrecevabilité est fondée sur les articles R. 222-1 (4°), R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2023, M. B A conteste la décision du 29 septembre 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée, ainsi que la décision du 9 janvier 2023 rejetant son recours gracieux formé le 4 novembre 2022.

La requête a été communiquée au conseil national des activités privées de sécurité le 28 février 2023 qui n'a pas présenté d'observations.

Vu :

- les lettres du 7 février 2023 et du 6 octobre 2023 adressées par le greffe du tribunal à M. A l'invitant à régulariser sa requête en produisant l'intégralité de la décision attaquée du 29 septembre 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (). ". Et selon l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (). ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'une requête doit être dirigée contre une décision et qu'elle est irrecevable et peut être rejetée sans instruction contradictoire si le demandeur n'a pas joint une copie de cette décision et n'a pas donné suite à la demande de régularisation qui lui a été adressée en ce sens.

3. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas produit l'intégralité de la décision du 29 septembre 2022 mais a transmis seulement la première page (recto). Ainsi, par deux demandes de régularisation du 7 février 2023 et du 6 octobre 2023 qui ont été mises à disposition du requérant sur l'application " télérecours citoyens " les mêmes jours, et dont il est réputé avoir pris connaissance deux jours ouvrés après leur mise à disposition dans cette application en vertu des dispositions précitées de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, M. A a été invité à régulariser sa requête en transmettant au tribunal l'intégralité de la décision attaquée. En dépit de ces courriers, M. A n'a pas produit, dans les délais impartis ni au jour de la présente ordonnance, l'intégralité de la décision qu'il conteste. Dans ces conditions, la requête de M. A est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Melun, le 1er août 2024.

La présidente

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,