Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2302018
vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302018 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2023, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 8 janvier 2023 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 29 novembre 2021 portant rejet de sa demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ".
Il doit être regardé comme soutenant qu'il a formé par un courriel du 26 janvier 2022, resté sans réponse, son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 29 novembre 2021 et que son mandataire la société Eco Poêle aurait dû percevoir la prime de transition énergétique à laquelle il a droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Elle soutient que la requête est tardive dès lors que le recours administratif préalable obligatoire a été formé après l'expiration du délai de recours contentieux.
Par une lettre du 3 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 17 juin 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 22 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dutour, conseillère,
- et les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé un dossier de demande de subvention auprès de l'Agence nationale de l'habitat afin de réaliser des travaux d'installation d'un poêle à granulés. Par une décision du 29 novembre 2021, notifiée le 1er décembre 2021, l'Agence nationale de l'habitat a rejeté sa demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' ". M. C a formé un recours administratif préalable à l'encontre de cette décision et implicitement rejeté par la directrice de l'Agence nationale de l'habitat. Il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision rejetant implicitement son recours administratif préalable.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes des dispositions de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration ". Aux termes des dispositions de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée du 29 novembre 2021, qui mentionne les voies et délais de recours, a été notifiée le 1er décembre 2021 à M. C. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de deux mois courait à compter du 1er décembre 2021 en application des dispositions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative. Or, il ressort des pièces du dossier que le recours administratif préalable obligatoire formé par le requérant a été introduit le 9 novembre 2022, soit au-delà du délai de recours contentieux qu'il n'a pas eu pour effet de proroger. En outre, M. C soutient avoir formé par un courriel du 26 janvier 2022, resté sans réponse, son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 29 novembre 2021. Cependant, à supposer que le droit à la saisine par voie électronique s'applique en l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la date de dépôt de ce courriel du 26 janvier 2022 soit établie contrairement aux prescriptions de l'article R. 421-2 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par l'Agence nationale de l'habitat doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de la décision par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 29 novembre 2021 rejetant sa demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " doivent être rejetées comme irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Dutour, conseillère,
M. Collen-Renaux, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière