jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303964 |
| Type | Décision |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET VANNEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale enregistrée le 20 avril 2023 sous le n° 2303964, un mémoire complémentaire enregistré le 17 mai 2023, et deux mémoires en répliques enregistrés les
12 avril et 2 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Vanneau, demande, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal :
- de fixer le montant de l'indu litigieux d'allocation de solidarité spécifique (ASS) indûment versée pour activité non déclarée de mai 2018 à novembre 2019 à la somme de 1 339,09 euros ;
- de prononcer un échéancier de paiement sur 24 mois, soit la somme de 55,79 euros par mois ;
2°) à titre subsidiaire, si le montant de l'indu litigieux se trouvait fixé à la somme de 5 683,80 euros, de prononcer un échéancier de paiement sur 48 mois, soit la somme de
118,41 euros par mois.
M. B soutient que :
- en 2018 et jusqu'au 15 mars 2019, il était entrepreneur gérant d'un restaurant mais ne percevait pas de salaire au vu de l'activité prématurée ; c'est donc en toute légalité qu'il a perçu l'allocation de solidarité spécifique ; il a retrouvé un travail en contrat à durée déterminée à compter de juin 2019 auquel il a mis fin avant le terme ; il n'a de ce fait rien perçu de février à juin 2019 et de juillet à novembre 2019 ;
- aux termes de l'article R. 5425-4 du code du travail, l'allocation de solidarité spécifique n'est pas impactée par la reprise, par le bénéficiaire, d'une activité professionnelle, salarié ou non, dès lors que celui-ci exerce une durée de travail inférieure à 78 heures par mois ; en l'espèce, il ne s'est rendu coupable ni de fausses déclarations auprès de Pôle Emploi (devenu France Travail) ni de fraude auprès de cet organisme, en s'abstenant d'actualiser ses périodes de travail puisqu'il n'avait pas à déclarer de telles activités, celui-ci n'ayant perçu aucune rémunération de quelque nature que ce soit, au titre de ces activités, qui ne l'ont au surplus, pas occupé 78 heures mensuelles ;
- aux termes de l'article L. 5422-5 du code du travail, sauf cas de fraude, les services de Pôle Emploi disposent d'un délai de 3 ans à compter du versement des sommes indues pour engager des procédures de recouvrement ; n'ayant eu aucunement l'intention de frauder, la prescription de trois ans est donc acquise ;
- il n'a jamais reçu la mise en demeure préalable à la contrainte, en violation de l'article R. 5426-20 du code du travail ;
- M. B n'avait pas connaissance de son obligation déclarative à l'égard de Pôle Emploi, en cas de reprise d'une activité salariée ; en effet, compte tenu de la dématérialisation des déclarations d'embauche et du recoupement électroniques permis par les organismes sociaux, le salarié a cru, en toute bonne foi, que ses activités salariées seraient portées à la connaissance de Pôle Emploi qui, en conséquence, actualiserait ses droits ; il en résulte que ses manquements déclaratifs, constitués uniquement sur 2 activités, et non 7 comme tente de le faire croire France Travail, ne sont nullement constitutifs d'une faute, mais plutôt d'un droit à l'erreur.
Par trois mémoires en défense, enregistré les 6 mars, 26 avril et 5 juillet 2024, France Travail conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- si le requérant soutient que son absence de revenu permettait l'octroi de l'allocation de solidarité spécifique, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de la créance, qui est fondée sur l'application des règles relatives au cumul entre des revenus d'activité, en l'espèce non salariaux, et l'allocation de solidarité spécifique ; ces règles, dans leur rédaction alors en vigueur, ne permettent, au-delà du 4ème mois d'activité, et en l'absence de revenu, que l'octroi d'une prime forfaitaire mensuelle, puis au-delà du 12ème mois, l'interruption des paiements de l'allocation de solidarité spécifique, quand bien même M. B ne tirait aucun revenu de son activité non salariée ;
- les articles R. 5425-2, R. 5425-3 du code du travail sont relatifs à un premier dispositif de maintien de l'allocation de solidarité spécifique avec exercice d'une activité professionnelle salariée d'une durée inférieure à 78 heures ; l'article R. 5425-4 du même code à un second dispositif de maintien de cette allocation pour les activités salariées d'une durée supérieure à 78 heures ou les activités non salariées ; mais quel que soit le dispositif retenu, celui-ci ne peut s'appliquer que pendant 12 mois ; au-delà du 12 mois, le dispositif de cumul ne pouvait plus se poursuivre, de sorte que l'allocation de solidarité spécifique perçue par
M. B au-delà d'avril 2018 était indue ;
- c'est donc à juste titre qu'il a été notifié au requérant un trop-perçu d'un montant de 5 683,80 euros correspondant à l'allocation de solidarité indûment perçue de mai 2028 à janvier 2019 et de juin 2019 à novembre 2019, compensée par son droit à la prime forfaitaire prévue à l'article R. 5425-4 du code du travail du 4ème au 12ème mois ;
- M. B a repris une activité non salariée puis salariée, puis perçu des indemnités journalières de la sécurité sociale, sans rien déclarer aux services de France Travail alors qu'il y était tenu, conformément aux dispositions des articles R. 5411-2, R. 5411-6 et R. 5411-7 du code du travail ; il ne peut pas non plus se dédouaner de cette obligation de déclaration sous prétexte que son activité n'était pas rémunérée ou serait d'une durée inférieure à 78 heures ; la jurisprudence du Conseil d'Etat considère qu'une absence de rémunération ne sous-entend pas une absence d'activité ; toute activité, même une activité non salariée non rémunérée se doit d'être déclarée, et la non-déclaration constitue une fausse déclaration au sens de l'article L.5412-2 du code du travail ; ainsi, en application de l'article 1302 du code civil qui dispose que " celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû doit le restituer à celui de qui il l'a indûment reçu ", c'est à bon droit qu'il s'est vu notifier un trop-perçu de 5 683,80 euros puis la contrainte querellée ;
- si M. B invoque la prescription triennale de l'article L. 5422-5 du code du travail, cet article est relatif à la prescription de l'action en recouvrement de l'allocation de retour à l'emploi ; en matière d'allocation de solidarité spécifique, c'est bien la prescription de droit commun qui s'applique c'est-à-dire la prescription quinquennale, laquelle ne trouve pas à s'appliquer au cas d'espèce ;
- enfin, la mise en demeure de l'article R. 5426-20 du code du travail a bien été notifiée à M. B le 23 février 2023 ainsi qu'en atteste la mention " pli avisé non réclamé " qui figure sur l'avis de réception.
Vu :
- la contrainte litigieuse du 29 mars 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2017-826 du 5 mai 2017 relatif à l'intéressement à la reprise d'activité des bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique et à la suppression de l'allocation temporaire d'attente ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Deleplancque, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Freydefont a été entendu au cours de l'audience publique du
25 mars 2025, en présence de Mme David, greffière d'audience.
Ni M. B, requérant, ni France Travail, défendeur, ne sont présents ou représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 15 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Pôle Emploi Hauts-de-France a, par courrier du
18 février 2020 notifié à M. A B un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique de 5 683,80 euros pour activité non déclarée au titre de la période du 1er mai 2018 au
30 novembre 2019. Après réclamation de l'allocataire, ce trop-perçu lui sera confirmé par courrier du 30 avril 2020 et une mise en demeure lui sera adressée le 23 février 2022. Enfin, par la contrainte du 29 mars 2023 signifiée par huissier le 13 avril suivant, Pôle Emploi Hauts-de-France a réclamé à M. B le paiement de la somme de 5 688,82 euros. Par la présente requête, M. B forme opposition à cette contrainte en demandant de ramener le montant de l'indu à 1 339,09 euros et en sollicitant un échéancier de paiement.
Sur l'opposition à contrainte :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 5426-20 du code du travail : " La contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2 est délivrée après que le débiteur a été mis en demeure de rembourser l'allocation, l'aide ou toute autre prestation indue mentionnée à l'article L. 5426-8-1. / Le directeur général de Pôle emploi lui adresse, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, une mise en demeure qui comporte le motif, la nature et le montant des sommes demeurant réclamées, la date du ou des versements indus donnant lieu à recouvrement ainsi que, le cas échéant, le motif ayant conduit à rejeter totalement ou partiellement le recours formé par le débiteur. / Si la mise en demeure reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur général de Pôle emploi peut décerner la contrainte prévue à l'article L. 5426-8-2. ".
3. M. B soulève un vice de procédure tiré de ce qu'il n'a jamais reçu la mise en demeure préalable à la contrainte, en violation de l'article R. 5426-20 du code du travail. Toutefois, la caisse d'allocations familiales produit en défense copie de cette mise en demeure datée du 23 février 2022 et notifiée le 26 au requérant, ainsi qu'en atteste l'avis de réception mentionnant une date de présentation au 26-02-2022 avec la mention " pli avisé non réclamé ". Par suite, c'est bien à la date du 26 février 2022 que la mise en demeure de l'article R. 5426-20 du code du travail a été notifiée à l'intéressé, de sorte que ce premier moyen sera écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 5422-5 du code du travail : " L'action en remboursement de l'allocation d'assurance indûment versée se prescrit par trois ans. / En cas de fraude ou de fausse déclaration, elle se prescrit par dix ans. / Ces délais courent à compter du jour de versement de ces sommes. " ; aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. "
5. Si le requérant soutient que la créance litigieuse est prescrite en application des dispositions de l'article L. 5422-5 du code du travail, la prescription triennale qu'elles prévoient ne trouve pas à s'appliquer s'agissant de l'allocation de solidarité spécifique dès lors qu'elles concernent uniquement les prestations d'assurance chômage. Par suite, M. B ne peut utilement s'en prévaloir.
6. Par ailleurs, en l'absence de dispositions spécifiques du code du travail relatives à l'allocation de solidarité spécifique, les règles de prescription quinquennale de droit commun édictées à l'article 2224 du code civil s'appliquent. En l'espèce, il est constant que l'indu concerne la période courant du 1er mai 2018 au 30 novembre 2019, et est donc relatif à une créance antérieure de moins de cinq ans à la date de la contrainte litigieuse du 29 mars 2023.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. / Conformément aux dispositions de l'article L. 411-7 du code des relations entre le public et l'administration, lorsque la décision du directeur général de Pôle emploi sur ce recours gracieux n'a pas été portée à la connaissance du requérant dans le délai de deux mois, l'intéressé peut considérer sa contestation comme rejetée. Il peut alors, s'il le souhaite, se pourvoir devant le juge compétent. "
8. Il résulte des dispositions précitées qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision de Pôle Emploi ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de Pôle Emploi devenu France Travail dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions des articles précités.
9. Il résulte de l'instruction que M. B a contesté la notification de l'indu de 5 683,80 euros du 18 février 2020, et cette contestation a été rejetée par décision de Pôle Emploi Hauts-de-France du 30 avril 2020. Par suite, en application de ce qui a été développé au point précédent, le requérant est bien fondé à contester devant le juge, dans le cadre de son opposition à la contrainte du 29 mars 2023, le bien-fondé de l'indu de 5 683,80 euros.
10. D'une part, aux termes de l'article L. 5421-2 du code du travail : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : () / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre III () " ; aux termes de l'article L. 5423-1 du même code : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. " ; aux termes de l'article L. 5425-1 de ce code : " Les allocations du présent titre, à l'exception de celles prévues à la section 2 du chapitre IV, pour les salariés du bâtiment et des travaux publics privés d'emploi par suite d'intempéries, peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite ainsi qu'avec les prestations de sécurité sociale ou d'aide sociale dans les conditions et limites fixées : () / 2° Pour les allocations de solidarité, par décret en Conseil d'Etat. " ; aux termes de l'article L. 5425-3 dudit code : " Lorsqu'il exerce, prend ou reprend une activité professionnelle, le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique est réputé avoir formulé une demande de prime d'activité mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, sauf mention contraire de sa part. "
11. D'autre part, aux termes de l'article R. 5423-8 du code du travail : " L'allocation de solidarité spécifique est attribuée pour une période de six mois renouvelable. " ; aux termes de l'article R. 5423-9 de ce code : " Le renouvellement de l'allocation est subordonné aux mêmes conditions que son attribution initiale. " ; aux termes de l'article R. dudit code : " L'exercice d'une activité professionnelle ou le fait de suivre une formation rémunérée ne fait pas obstacle à la reprise du versement de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation des travailleurs indépendants. / S'agissant de l'allocation de solidarité spécifique, ce versement ne peut être réalisé qu'à l'expiration des droits éventuels aux allocations d'assurance chômage et à la condition qu'il n'intervienne pas plus de quatre ans après la date d'admission à l'allocation considérée ou la date de son dernier renouvellement. " ; aux termes de l'article R. 5425-2 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période. "
12. De plus, aux termes de l'article R. 5425-3 du code du travail, dans sa version antérieure au 5 mai 2017 : " Pendant les six premiers mois d'activité professionnelle, le nombre des allocations journalières est réduit jusqu'à sa suppression éventuelle dans la proportion de
40 % du quotient, lorsqu'il est positif, par le montant journalier de l'allocation, de la rémunération brute perçue, diminuée d'un montant égal à la moitié du produit du salaire minimum de croissance par le nombre d'heures correspondant à la durée légale du travail. / Du septième au douzième mois civil suivant d'activité professionnelle, le nombre des allocations journalières est réduit dans la proportion de 40 % du quotient, par le montant journalier de l'allocation, de la rémunération brute perçue. " ; aux termes de l'article R. 5425-4 de ce code, dans sa version applicable avant le 5 mai 2017 : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée d'une durée de travail au moins égale à soixante-dix-huit heures par mois ou une activité professionnelle non salariée, le nombre des allocations journalières n'est pas réduit pendant les trois premiers mois d'activité professionnelle. / Du quatrième au douzième mois d'activité professionnelle, le montant de l'allocation est diminué des revenus d'activité perçus par le bénéficiaire. "
13. Enfin, aux termes de l'article 5 du décret du 5 mai 2017 susvisé : " I. - Les dispositions des articles 2, 3 et 4 entrent vigueur le 1er septembre 2017. / I. - Les bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, ayant au 1er septembre 2017 des droits ouverts à la prime forfaitaire, mentionnée aux articles L. 5425-3 à L. 5425-7 du code du travail et aux articles L. 327-41 à L. 327-44 du code du travail applicable à Mayotte dans leur rédaction antérieure à l'article 87 de la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017, continuent à percevoir cette prime, dans les conditions prévues avant l'entrée en vigueur de la loi précitée et des articles 2, 3 et 4 du présent décret, et jusqu'à expiration de leurs droits. "
14. M. B invoque l'article R. 5425-4 précité du code du travail pour soutenir que l'allocation de solidarité spécifique n'est pas impactée par sa reprise d'une activité professionnelle, salariée ou non, dès lors qu'il exerce une durée de travail inférieure à 78 heures par mois. Toutefois, cet article a été abrogé par l'article 2 du décret n° 2017-826 du 5 mai 2017, ainsi d'ailleurs que l'article R. 5425-3 du même code. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article R. 5425-4 sera écarté comme inopérant. A supposer que le requérant doive être regardé comme ayant entendu se prévaloir des dispositions précitées du décret du
5 mai 2017, il ne démontre ni même n'allègue avoir eu des droits ouverts à la prime de l'article L. 5425-3 du code du travail avant le 1er septembre 2017.
15. Pour les mêmes raisons, sera également écarté le moyen tiré de ce que M. B ne se serait rendu coupable ni de fausses déclarations auprès de Pôle Emploi (devenu France Travail) ni de fraude auprès de cet organisme, en s'abstenant d'actualiser ses périodes de travail puisqu'il n'avait pas à déclarer de telles activités, celui-ci n'ayant perçu aucune rémunération de quelque nature que ce soit, au titre de ces activités, qui ne l'ont au surplus, pas occupé 78 heures mensuelles.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation, totale ou partielle, de la contrainte du 23 mars 2023 ne peuvent être que rejetées.
Sur les conclusions à fin d'échelonnement de la dette :
17. M. B demande au tribunal de lui accorder un échelonnement du remboursement des sommes dues. Toutefois, d'une part, de telles conclusions, tendant à ce que le remboursement de la dette du requérant soit échelonné, doivent s'analyser comme des demandes d'injonction que le juge administratif n'a pas le pouvoir d'adresser à l'administration à titre principal, dès lors qu'elles n'entrent pas dans le champ d'application des dispositions des articles L. 911-1 à L. 911-3 du code de justice administrative. D'autre part, et en tout état de cause, il n'appartient pas aux tribunaux administratifs, juges de droit commun, de faire œuvre d'administrateur et d'accorder, en lieu et place de l'organisme payeur, un aménagement du remboursement de la dette issu d'un indu d'une prestation d'aide sociale. La demande de M. B, présentées directement devant le tribunal, ne peuvent donc qu'être rejetées. Cependant, il reste loisible au requérant, s'il s'y croit fondé, de s'adresser directement à l'organisme payeur, afin de solliciter la mise en place d'un échéancier adapté à ses capacités contributives.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à France Travail Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2025.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 10 avril 2025.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
V. David
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2306754
Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné les requêtes de Mme B... contestant le refus implicite de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) de reconstituer sa carrière et demandant réparation pour des préjudices liés à la gestion de son statut. La requérante soutenait que son recrutement en tant que personnel résident était entaché d'un détournement de procédure et que le refus de sa candidature à un poste réservé aux expatriés violait le principe d'égalité de traitement. Le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions, estimant que l'AEFE n'avait commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité et que les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'erreur de droit et du détournement de procédure, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative, sans préciser de textes spécifiques relatifs au statut des personnels de l'AEFE.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2308666
Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné la requête de M. B..., inspecteur des finances publiques, contestant la décision du 3 mai 2023 lui réclamant un trop-perçu d'indemnité de sujétion géographique de 2 978,41 euros et le refus de frais de repas. Le tribunal a constaté que la somme litigieuse, assortie des intérêts de retard, avait été intégralement restituée à M. B... sur sa paye de novembre 2023, rendant sans objet ses conclusions en annulation et en restitution. En revanche, le tribunal a rejeté les conclusions indemnitaires pour troubles dans les conditions d'existence, faute de demande préalable à l'administration et d'éléments probants, ainsi que la demande de paiement de titres restaurant, non justifiée. La solution retenue est un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et un rejet du surplus des demandes, en application des dispositions du code général de la fonction publique et du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2409299
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... M... et de ses proches, qui contestaient le refus implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa de leur délivrer des visas de long séjour au titre de la réunification familiale. Le tribunal a jugé que la décision implicite n'était pas entachée d'un défaut de motivation, car la commission n'est pas tenue de motiver un refus implicite. Il a également écarté les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant, en se fondant sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2410417
Le Tribunal Administratif de Nantes annule la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, qui avait rejeté les demandes de visa de long séjour au titre de la réunification familiale présentées par l’épouse et les enfants d’un réfugié somalien. La juridiction estime que l’administration a commis une erreur d’appréciation en considérant que l’identité et les liens familiaux n’étaient pas établis, alors que les actes d’état civil produits, bien que présentant des irrégularités formelles, étaient corroborés par des éléments de possession d’état et des documents officiels. La solution retenue se fonde sur les articles L. 561-2 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/06/2026