Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305744
jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2023, M. B C A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 8 février 2023 par laquelle la préfète du
Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.
Il soutient qu'il a oublié d'apporter l'original de son acte de naissance coréen lors de l'entretien de nationalité, qu'il remplit l'ensemble des conditions pour être naturalisé français, qu'il est arrivé en France à l'âge de 8 ans et qu'il y vit depuis 13 ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne représentée par la SELARL Actis Avocats, agissant par Me Termeau, conclut au rejet de la requête de M. A en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A a déposé une demande de naturalisation auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne. Par une décision du 8 février 2023, la préfète du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ". Le classement sans suite prononcé en application de ces dispositions constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
3. En premier lieu, pour procéder au classement sans suite de la demande présentée par M. A en vue d'acquérir la nationalité française, la préfète du Val-de-Marne s'est fondée sur la circonstance selon laquelle il n'a pas produit, à l'occasion de son entretien d'assimilation qui a eu lieu le 5 janvier 2023, son acte de naissance coréen en version originale. Si le requérant soutient qu'il s'agit d'un simple oubli non intentionnel, il ressort des pièces du dossier que la convocation indiquait la nécessité d'apporter l'ensemble des versions originales des pièces du dossier et notamment l'acte de naissance lors de l'entretien d'assimilation. Par suite, c'est à bon droit que la préfète du Val-de-Marne a, en application de l'article 40 du décret précité, procédé au classement sans suite de sa demande.
4. En deuxième lieu, M. A soutient qu'il remplit les conditions pour acquérir la nationalité française, qu'il se sent davantage français que coréen dès lors qu'il est arrivé sur le territoire à l'âge de 8 ans, y a suivi sa scolarité et a assimilé la culture française après avoir vécu treize ans aux côtés de sa mère adoptive française et de ses amis français. Toutefois, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui se borne uniquement à classer sans suite sa demande, faute d'avoir accompli les formalités administratives nécessaires à l'examen de celle-ci. Une telle décision ne préjuge en rien de l'issue d'une nouvelle demande de naturalisation que le requérant peut, s'il s'y croit fondé, déposer.
5. En dernier lieu, la circonstance que le téléservice Natali serait dysfonctionnel et ne permettrait pas au requérant de redéposer une demande de naturalisation, pour regrettable qu'elle soit si elle est avérée, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Andreea Avirvarei, conseillère,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
J. Darraccq-Ghitalla-Ciock
Le président,
X. PottierLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,