Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309273

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2309273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous pour obtenir une attestation de prolongation d'instruction (récépissé) suite à sa demande de renouvellement de titre de séjour "passeport talent". Le juge a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfecture avait lancé la fabrication de sa carte de séjour pluriannuelle et lui avait délivré une attestation de décision favorable, rendant sa demande sans objet. La requête a donc été rejetée comme dépourvue d'utilité, sans application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Samba, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prendre toutes mesures qu'il estimera utiles pour faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers sollicitant un récépissé suite à une demande de renouvellement de titre de séjour, la rupture de la continuité du service public, les atteintes aux droits élémentaires des étrangers souhaitant obtenir une attestation de prolongation d'instruction (récépissé) ;

2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse obtenir la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, dans le délai de

15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de

150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la préfète du Val-de-Marne une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'impossibilité dans laquelle il se trouve placé d'obtenir une attestation de prolongation d'instruction ou un récépissé porte atteinte à ses droits et menace le contrat à durée indéterminée signé le 18 avril 2023 avec la société Cicad, dont le début le 26 août 2023 est soumis à la condition de détenir le titre de séjour sollicité ;

- cette situation résulte de graves carences de l'administration et du dysfonctionnement du service public ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. M. B, ressortissant libanais né le 18 janvier 1998 à Beyrouth (Liban), a bénéficié d'une carte de séjour temporaire mention " passeport talent ", valable du

26 août 2022 au 25 août 2023, dont il a demandé le renouvellement sur ANEF, le

24 avril 2023, sans obtenir la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction à l'expiration de son titre de séjour. Par une requête enregistrée le 13 septembre 2023,

M. B a saisi le juge des référés de ce tribunal d'une demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé dans le délai de 48 heures, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il résulte des termes de l'ordonnance n° 2309426 rendue dans cette instance que le 14 septembre 2023, la préfète du Val-de-Marne a lancé la fabrication d'une carte de séjour pluriannuelle en faveur de

M. B, et que dans l'attente, le requérant a été rendu destinataire d'une attestation de décision favorable, lui permettant de justifier de la régularité de sa situation administrative. Dans de telles circonstances, les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont désormais dépourvues d'utilité, et doivent être rejetées pour ce motif.

Sur les frais de justice :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2309273