Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2309344
lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2309344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Lengrand, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, ainsi qu'un récépissé de cette demande l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à Me Lengrand au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. M. A s'est vu accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 15 novembre 2023. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle est devenue sans objet.
Sur le surplus des conclusions :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que, si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir ou les avoir accomplies vainement, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que M. A, qui est de nationalité guinéenne, souhaite obtenir un rendez-vous en préfecture afin de déposer une demande de première délivrance d'un titre de séjour. Il ne peut, par suite, bénéficier de la présomption mentionnée au point précédent.
6. D'autre part, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre à l'autorité administrative territorialement compétente, soit, en l'occurrence, la préfète du Val-de-Marne, de lui communiquer une date de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour et de la délivrance d'un récépissé de cette demande l'autorisant provisoirement à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle, M. A fait d'abord valoir qu'alors que la saisine de l'administration par voie électronique ne peut être rendue obligatoire, le téléservice mis en place dans le Val-de-Marne pour la prise d'un rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour connaît des dysfonctionnements qui nuisent à l'accès au service public donc à la continuité de celui-ci et qu'un mode alternatif de prise de rendez-vous aurait dû être instauré. Il fait également valoir qu'étant en situation irrégulière, faute de détenir un document l'autorisant à séjourner en France durant l'instruction de la demande de titre de séjour qu'il souhaite déposer, il se trouve exposé au risque d'être interpellé et de faire l'objet d'une mesure d'éloignement alors qu'il exerce une activité professionnelle sous contrat à durée indéterminée à temps plein depuis le mois de décembre 2021 et qu'il est le père d'un enfant né le 17 mars 2023. Il fait enfin valoir qu'ayant vainement sollicité le rendez-vous qu'il entend obtenir au moyen du téléservice mis en place à cet effet le 12 décembre 2022 et les 10 avril et 2 mai 2023, ainsi que, par courriel, les 15 février, 10 avril, 2 mai et 5 juin 2023 puis, par voie postale, le 10 juillet 2023, il est maintenu dans l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour depuis une durée anormalement longue alors qu'il peut bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en raison de sa vie privée et familiale et de son insertion professionnelle en France. Les circonstances ainsi invoquées ne sauraient toutefois être regardées comme suffisant à caractériser la nécessité pour le requérant d'obtenir rapidement un rendez-vous en préfecture afin d'y déposer sa demande de titre de séjour.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent, de même, par conséquent, que les conclusions de l'intéressé relatives aux frais liés au litige, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Article 2 :Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'à Me Lengrand.
Fait à Melun, le 26 août 2024.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,