Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310137

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, ressortissant brésilien, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de clôturer sa demande de changement d'adresse. Le juge a constaté que le silence gardé par l'administration sur les demandes préalables de l'intéressé avait fait naître des décisions implicites de rejet, auxquelles la mesure d'injonction sollicitée ferait obstacle. Dès lors, la condition d'utilité de la procédure de référé n'était pas remplie, entraînant le rejet de l'ensemble des conclusions de M. B.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2023, M. A B, représenté par Me El Haitem, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de clôturer la demande de changement de domiciliation en cours sur le site de la préfecture et datée du 4 décembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

2. M. B, qui, de nationalité brésilienne, était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de résident valable jusqu'au 9 août 2024, a déposé le 4 décembre 2021, et ce, conformément aux exigences de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 visé ci-dessus, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de changement d'adresse. Sa requête tend, à titre principal, à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de " clôturer " cette demande.

3. Il résulte toutefois de l'instruction qu'antérieurement à l'introduction de l'instance, le requérant a demandé à deux reprises, par un courriel du 16 mars 2023 puis par une lettre datée du 6 avril 2023 et reçue le 11 avril 2023, la " clôture " de la demande en cause. Or, en vertu des dispositions de l'article L. 231-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant deux mois par la préfète du Val-de-Marne sur les deux demandes ainsi présentées, lesquelles ne s'inscrivent pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire, a fait naître deux décisions implicites de rejet à l'exécution desquelles la prescription de la mesure d'injonction sollicitée ferait obstacle. Il s'ensuit que, l'une au moins des conditions prévues à l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'étant dès lors pas remplie en l'espèce, la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 5 septembre 2024

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, la greffière,