Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310883
lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2310883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Devildier, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) de lui octroyer un rendez-vous dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir et ce sous astreinte de 100,00 € par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité ivoirienne, entré en France en septembre 2010, il a souhaité déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, en faisant valoir son concubinage avec une compatriote, en situation régulière, avec qui il a eu un enfant et la présence en France de toute sa famille proche, qu'il a envoyé à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne un premier dossier le 24avril 2023 qui lui a été retourné avec une date de pièces à envoyer le 4 septembre 2023, qu'il a envoyé un second dossier le 5 septembre 2023 qui lui a été une nouvelle fois retourné avec la mention " 12 février 2024 ", que la condition d'urgence est satisfaite car il doit pouvoir déposer une demande de titre de séjour et que cette situation méconnait son droit à l'accès à un service public.
La requête a été communiquée le 18 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
La
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 18 juillet 1979 à Mankono, entré dans l'espace Schengen le 21 septembre 2010 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires italiennes à Abidjan, a souhaité solliciter de la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, en faisant valoir son concubinage avec une compatriote, titulaire d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 17 juillet 2023 avec qui il a eu un enfant né en février 2023, et la présence en France de nombreux membres de sa famille proche, en situation régulière ou de nationalité française. Un premier dossier transmis en sous-préfecture de Nogent-sur-Marne le 24 avril 2023 lui a été retourné avec la mention " 04.09.2023 " manuscrite. Le 5 septembre 2023, il a renvoyé un second dossier reçu en sous-préfecture le 13 septembre 2023, qui lui a été retourné une nouvelle fois avec une mention manuscrite " Nlle date 12/02/24 " et la mention " justificatifs de l'ancienneté de séjour classés impérativement par ordre chronologique " surlignée. Considérant ce retour comme un refus d'enregistrement de sa demande, par sa requête enregistrée le 17 octobre 2023, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) de lui octroyer un rendez-vous pour qu'il puisse déposer son dossier.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4, R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ".
5. En l'espèce, l'intéressé, qui n'explique pas les raisons pour lesquelles il a attendu plus de douze ans avant de solliciter la régularisation de sa situation administrative et qui ne se prévaut d'aucune situation professionnelle ou personnelle stable, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de faire obstacle à la décision de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne lui refusant l'enregistrement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, laquelle ne peut en tout état de cause être déposée dans ce service que par voie postale.
6. Par suite, sa requête ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,