Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2310904

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2310904
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B, ressortissante gabonaise, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de renouvellement de carte de résident. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, faute pour la requérante de démontrer avoir entrepris des démarches pour obtenir un nouveau rendez-vous après le refus de dépôt de son dossier pour incomplétude. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit fait droit à la demande d'astreinte ni à celle au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 octobre 2023, complétée le 14 février 2024,

Mme A B, représentée par Me Wone, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de carte de résident, sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité gabonaise, elle était titulaire d'une carte de résident qui a expiré le 26 novembre 2022, qu'elle en a sollicité le renouvellement et a été convoquée le

4 juillet 2023 à cet effet, que la préfecture a refusé de prendre son dossier car ce dernier n'était pas complet, qu'elle a essayé de reprendre rendez-vous mais en vain, que la condition d'urgence est satisfaite car elle se trouve en situation irrégulière depuis plus d'un an et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 18 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante gabonaise née le 30 avril 1967 à Libreville, titulaire d'une carte de résident délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au

26 novembre 2022, en a sollicité le renouvellement et a été convoquée en préfecture du

Val-de-Marne le 4 juillet 2023 aux fins de déposer son dossier. Elle indique que ce dépôt a été refusé au motif que son dossier n'était pas complet. Elle déclare avoir essayé de reprendre rendez-vous, sans succès. Par sa requête enregistrée le 17 octobre 2023, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. En l'espèce, Mme B qui avait sollicité le renouvellement de son titre de séjour, s'était vu refuser le dépôt de son dossier car ce dernier n'était pas complet. Si la requérante soutient que, en conséquence de l'expiration de sa dernière carte de résident depuis plus d'un an, elle se voit maintenue en situation irrégulière, les pièces qu'elle produit à l'appui de sa requête ne démontrent aucune démarche entreprise pour tenter d'obtenir un nouveau rendez-vous en préfecture.

4. Dans de telles conditions, les conclusions présentées par Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,