Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311138
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311138 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2023, Mme C B épouse A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'elle puisse se voir délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de la décision à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice.
Elle soutient que, de nationalité sénégalaise, elle est entrée en France le 23 mars 2023 sous couvert d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar dans le cadre d'un regroupement familial, qu'elle a rempli l'ensemble des formalités requises dans le cadre du contrat d'intégration républicaine qu'elle a signé le 4 mai 2023, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a informée, le 26 mai 2023, qu'elle serait convoquée par la préfecture afin que lui soit délivré sa carte de séjour temporaire, qu'elle n'a eu aucune nouvelle, malgré plusieurs relances de la préfecture qui n'a jamais répondu, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a besoin de son titre de séjour pour en demander le renouvellement et poursuivre sa formation en alternance, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 23 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 22 juin 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B ressortissante sénégalaise née le 12 novembre 1997 à Pikine, est entrée en France le 23 mars 2023 munie d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familial " délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar dans le cadre d'une procédure de regroupement familial. Dès son entrée sur le territoire, elle a accompli toutes les formalités requises dans le cadre du contrat d'intégration républicaine, qui a été signé le 4 mai 2023. L'Office français de l'immigration et de l'intégration l'ayant informé qu'elle serait convoquée en préfecture pour réceptionner son titre de séjour, Mme B a sollicité de la préfète du Val-de-Marne, une convocation aux fins de la délivrance de son titre de séjour. Sans réponse de ce service, et alors que son visa de long séjour est expiré depuis le 2 mai 2023, et malgré une relance du 15 juin 2023, par sa requête enregistrée le 20 octobre 2023, elle demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer pour lui remettre son titre de séjour et lui permettre d'en demander le renouvellement.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a été autorisé à séjourner en France au titre du regroupement familial dans les conditions prévues au chapitre IV du titre III, entré en France régulièrement et dont le conjoint est titulaire d'une carte de séjour temporaire, d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. " Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
4. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 22 juin 2023 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : () 1° A compter du 26 juin 2023, les demandes de cartes de séjour temporaires, de cartes de séjour pluriannuelles et, en première demande, de cartes de résident sur le fondement des articles L. 423-14, L. 423-15, L. 423-16 du même code, ainsi que de certificats de résidence algériens délivrés sur le fondement des stipulations combinées des articles 4, 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée régulièrement en France dans le cadre d'un regroupement familial, et a suivi l'ensemble de la procédure demandée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le territoire national. Son dossier a été réputé complet le 26 mai 2023. Par suite, elle est fondée à estimer qu'à cette date, la préfète du Val-de-Marne devait instruire sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
6. La préfète du Val-de-Marne, qui n'a produit aucun mémoire en défense, ne contestant pas le bien-fondé de la démarche engagée par Mme B ni son utilité, ne peut par ailleurs considérer que Madame B devait déposer sa demande sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, cette obligation n'étant opposable qu'aux demandes déposées à partir du 26 juin 2023 conformément aux dispositions rappelées ci-dessus de l'arrêté du 22 juin 2023.
7. Par suite, et dans la mesure où, également, une telle procédure dématérialisée est impossible à la date de la présente ordonnance, le visa de la requérante étant expiré depuis plus de neuf mois, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de convoquer Mme B aux fins d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, laquelle date de convocation devra intervenir dans un délai de sept jours à compter de la date de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin, à ce stade, de fixer une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. La requérante ayant présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de convoquer Mme B aux fins d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, laquelle date de convocation devra intervenir dans un délai de sept jours à compter de la date de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,