Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311243
vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Tordo, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous en vue de lui remettre ce récépissé, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité béninoise, elle est entrée en France le 9 septembre 2018 sous couvert d'un visa étudiant, qu'elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en cette qualité, puis, à l'issue de ses études, d'autorisations provisoires de séjour portant la mention " étudiant en recherche d'emploi " dont la dernière a expiré le 15 août 2023, que, par courrier recommandé avec avis de réception reçu en préfecture le 16 août 2023, elle a sollicité un changement de statut passant de la qualité " d'étudiant " à " salarié ", que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut justifier de la régularité de son séjour et risque de perdre son emploi, que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative et est utile.
La requête a été communiquée le 25 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante béninoise née le 4 septembre 1995 à Cotonou, entrée en France le 9 septembre 2019 sous couvert d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville, a bénéficié de titres de séjour en cette qualité dont le dernier, délivré par le préfet d'Indre-et-Loire, était valable jusqu'au 31 août 2022. Elle a ensuite obtenu des autorisations provisoires de séjour, portant la mention " étudiant en recherche d'emploi ", valables jusqu'au 15 août 2023. Elle a signé un contrat à durée indéterminée avec la société " Clestra New " de Paris (75013) le 10 mai 2023. Elle a alors demandé à la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) un titre de séjour portant la mention " salarié ". Sans réponse de la préfecture, par une requête enregistrée le 24 octobre 2023, Mme A, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4. Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de délivrer un titre de séjour ou même un récépissé de demande de titre de séjour, quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, l'absence de réponse de la préfète du Val-de-Marne à la demande déposée le 16 août 2023 par la requérante, comme de toute demande de documents complémentaires susceptible de rouvrir le délai d'instruction, ne peut que révéler l'existence, à la date du 17 décembre 2023, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de titre de séjour déposée par Mme A.
5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6. Dans ces conditions, la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,