Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311296
lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Litim, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'elle puisse se voir remettre son titre de séjour " Recherche d'emploi - création d'entreprise " ou toute autre décision liée à sa demande, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'examen de sa situation administrative à la lumière des nouveaux éléments, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité marocaine, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", mais, n'ayant jamais eu de réponse de la part de la préfecture du Val-de-Marne, et ce, même après avoir obtenu son diplôme, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " le 22 avril 2022, qu'elle a obtenu un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois renouvelé pour une durée de trois mois jusqu'au 27 février 2023, que depuis cette date, et malgré plusieurs demandes en ce sens, elle n'a ni obtenu de renouvellement de son dernier récépissé ni eu de nouvelles sur sa demande de délivrance de titre de séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation précaire et irrégulière l'exposant ainsi à un risque d'éloignement et elle ne peut répondre aux propositions d'embauche qui lui sont faites, que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 25 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Mme A B, ressortissante marocaine née le 28 janvier 1997 à Agadir, est entrée en France le 9 septembre 2017 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour, portant la mention " étudiant ", délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville. Elle a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour en cette qualité délivré par la préfète des Yvelines et valable jusqu'au 1er décembre 2021. Le 18 novembre 2021, elle a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de renouvellement de son titre de séjour et n'a eu aucune réponse avant le 22 avril 2022, date à laquelle un récépissé l'autorisant à rechercher un emploi ou créer une entreprise lui a été délivré par la préfète du Val-de-Marne, valable six mois, qui a été renouvelé le 28 novembre 2022 pour trois mois supplémentaires. Toutes ses demandes de renouvellement de ce récépissé comme de délivrance de son titre de séjour sont restées sans suite. Par une requête enregistrée le 25 octobre 2023, Mme A B demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin qu'elle puisse obtenir la décision concernant sa demande de titre de séjour.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4 Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de renouveler un récépissé de demande de titre de séjour, quand bien même ce renouvellement serait de plein droit, l'absence de renouvellement du récépissé de Mme B au-delà du 27 février 2023, qui n'est contestée par aucune des parties dans la présente instance, ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de titre de séjour présentée par la requérante.
5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6 Dans ces conditions, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,