Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311360
lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311360 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2023, M. B A C, représenté par Me Thibolot, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, afin qu'il puisse déposer sa demande de régularisation ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'examiner sa situation et sa demande de délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", et de rendre sa décision dans un délai de deux mois à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État (préfète du Val-de-Marne) le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, ressortissant dominicain, il est entré en France le 25 mars 2013 et vit depuis de manière ininterrompue sur le territoire français, qu'il travaille depuis 2017, qu'il a souhaité solliciter de la préfète du Val-de-Marne son admission exceptionnelle au séjour, qu'il a formulé de multiples demandes de rendez-vous, toutes restées sans réponse, que la condition d'urgence est remplie car l'impossibilité matérielle d'obtenir un rendez-vous porte le maintien en situation irrégulière ce qui l'expose à une mesure d'éloignement, qu'il se trouve dans une situation précaire anormalement longue et que la mesure ne s'oppose à l'exécution d'aucune décision administrative et est utile.
La requête a été communiquée le 27 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant dominicain né le 26 août 1996 à
Saint-Domingue, entré en France le 25 mars 2013 en provenance d'Italie, a sollicité le 25 août 2022 un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne aux fins de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, sans succès malgré de nombreuses relances. Par sa requête enregistrée le 26 novembre 2023, il demande donc au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous afin qu'il puisse déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. En l'espèce, M. A C ne peut se prévaloir d'aucune circonstance particulière propre à rendre nécessaire l'obtention en urgence d'un rendez-vous en préfecture pour y effectuer le dépôt de sa demande de titre de séjour, dès lors qu'il n'établit pas le caractère régulier de son entrée sur le territoire, qu'il a attendu près de dix ans pour demander la régularisation de sa situation administrative, et que, s'il indique travailler, c'est sans disposer d'une quelconque autorisation à cet effet ni même soutenir que ses employeurs en auraient solliciter une à son profit.
5. Dans ses conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête de
M. A C ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,