Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311579
jeudi 29 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023, complétée les 9 et 15 novembre 2023, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation afin qu'elle puisse déposer sa demande de carte de séjour mention " parent d'enfant français ", dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité béninoise, elle était titulaire d'un titre de séjour mention " étudiant " valable jusqu'au 6 janvier 2023, qu'elle a sollicité un changement de statut vers celui de salariée le 22 septembre 2022 à la préfète du Val-de-Marne, que, faute de réponse, et sans récépissé de demande de titre de séjour, elle n'a pas pu renouveler son contrat de travail, qu'elle a alors sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " après la naissance de son enfant, demande qui a été classée sans suite le 9 octobre 2023 par les services préfectoraux qui l'ont informée que la démarche devait se faire sur la plateforme de l'Administration numérique des étrangers en France, qu'elle a alors tenté de déposer sa demande sur cette plateforme, en vain, qu'elle a sollicité le 17 octobre 2023 par un courrier recommandé avec avis de réception la délivrance de son titre de séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous porte atteinte à ses droits alors qu'elle est fondée à solliciter la délivrance de son titre de séjour, que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 8 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Mme A, ressortissante béninoise née le 14 novembre 1992 à Bénin, était titulaire d'une carte de séjour mention " étudiant ", valable jusqu'au 6 janvier 2023, délivrée par le préfet de l'Hérault. Le 22 septembre 2022, elle a sollicité un changement de statut vers celui de " salarié " à la préfète du Val-de-Marne, mais, faute de récépissé, elle n'a pas pu renouveler son contrat de travail faute de récépissé ou de titre de séjour valable. Elle a alors sollicité, le 9 février 2023, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en faisant valoir la naissance de son enfant de nationalité française. Les services de la préfecture du Val-de-Marne l'ont renvoyée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France pour le dépôt de sa demande, ce qui s'est révélé impossible car son précédent titre de séjour était expiré depuis plus de dix mois. Cette plateforme l'a renvoyée à son tour vers les services de la préfecture du Val-de-Marne qu'elle a contacté par un courrier recommandé, réceptionné le 20 octobre 2023, sollicitant la délivrance de son titre de séjour. Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023, elle demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4 En l'espèce, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention
" vie privée et familiale ", en qualité de parent d'enfant français, par courrier recommandé du
17 octobre 2023, reçu par la préfète du Val-de-Marne le 20 octobre 2023. Faute de réponse dans le délai de quatre mois, comme de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou de toute demande de pièces complémentaires après cette date, de la part de la préfète du
Val-de-Marne, susceptible de prolonger le délai d'instruction, elle doit donc être réputée comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 18 février 2024.
5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6 Dans ces conditions, la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,