Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311591

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2311591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante marocaine d'une demande d'injonction visant à obtenir une copie de la décision de regroupement familial, nécessaire au dépôt de sa demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour déposer son dossier, ce qui a conduit le juge à constater un non-lieu à statuer sur les conclusions principales. Toutefois, le tribunal a condamné l'État à verser 2 000 euros à la requérante au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me Traore, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une copie de la décision accordant le regroupement familial en vue du dépôt de sa demande de carte de séjour, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 20 novembre 2007 muni d'un visa portant la mention " vie privée et familiale " délivré dans le cadre d'un regroupement familial, qu'elle a sollicité le 24 octobre 2022 une demande de titre de séjour pour jeune majeure arrivée en France avant l'âge de 13 ans dans le cadre du regroupement familial, que sa demande a été classée sans suite car il manquait la décision lui accordant le droit au regroupement familial, que n'ayant plus ce document en sa possession, elle a sollicité par courriers du 9 août 2023, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à la préfète du

Val-de-Marne, la délivrance de la copie de ce document, par des demandes restées sans réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car elle se trouve en situation irrégulière et risque d'être soumise à une mesure d'éloignement et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau conclut au non-lieu de la requête, l'intéressée ayant été convoquée le 6 juin 2024 pour le dépôt de sa demande de première carte de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 27 juin 2004 à Oujda (Région de l'Oriental), entrée en France le 20 novembre 2007 munie d'un visa délivré par les autorités consulaires françaises à Casablanca dans le cadre d'un regroupement familial, a déposé à sa majorité, sur la plateforme " demarches-simplifiees.fr " de la préfecture du Val-de-Marne, le

24 octobre 2022, une demande de rendez-vous en vue du dépôt d'une première demande de carte de séjour. Sa demande a été classée sans suite le 4 août 2023 par les services préfectoraux en raison de l'absence de la décision lui accordant le droit au regroupement familial. Mme B a alors sollicité la délivrance d'une copie de ce document à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à la préfète du Val-de-Marne, en vain. Par sa requête enregistrée le 2 novembre 2023, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une copie de la décision lui accordant le droit au regroupement familial afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour. Postérieurement à l'enregistrement de sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée le 6 juin 2024 pour le dépôt de son dossier de première demande de titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, Mme B a été convoquée le 6 juin 2024 en préfecture du Val-de-Marne pour déposer sa demande de premier titre de séjour. L'intéressée ne soutenant pas, plus de quatre mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'il ne lui a pas été remis à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros à verser à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,