Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312719

jeudi 1 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312719
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun rejette la requête de M. B et M. D, qui demandaient un délai supplémentaire de quinze jours pour rester sur un parking après une mise en demeure de quitter les lieux. Le juge constate que la requête ne conteste pas la légalité de l'arrêté préfectoral du 20 novembre 2023, mais sollicite une simple faveur administrative. Il rappelle que le juge administratif ne peut ni donner d'avis, ni se substituer à l'administration, et que les conclusions sont manifestement irrecevables. La requête est donc rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2023, M. C B et M. A D demandent au tribunal de pouvoir " rester quinze jours de plus sur le parking " de la société Paco Logistics situé 15 rue du bois des Saints-Pères sur le territoire de la commune de Savigny-le-Temple " le temps de chercher un autre emplacement ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". L'article R. 421-1 du même code dispose que " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

3. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut donner des conseils ou un avis juridique à un justiciable, ni faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un requérant, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

4. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 20 novembre 2023, notifié le 21 novembre suivant à 17h00, le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure les occupants installés, sans droit ni titre, sur les parcelles ZE n°306, B section ZA n°93 situées 15 rue du bois des Saints-Pères sur le territoire de la commune de Savigny-le-Temple, de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'arrêté. Toutefois, en se bornant à solliciter un délai supplémentaire pour trouver un autre emplacement où s'installer, sans contester la légalité de la décision de mise en demeure de quitter les lieux ni la régularité de la procédure, la requête de M. B et M. D comporte des conclusions manifestement irrecevables et doit être rejetée par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à M. A D.

Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 1er août 2024.

La présidente,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,