Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312816

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312816
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B C et de Mme A D, ressortissants algériens, qui demandaient qu’il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de leur fixer un rendez-vous pour déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour pour motif professionnel. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas satisfaite, les requérants ne justifiant d’aucune circonstance particulière rendant nécessaire l’obtention rapide d’un rendez-vous, dès lors qu’ils se maintiennent irrégulièrement sur le territoire et exercent une activité professionnelle sans autorisation. La décision a été prise en application des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2023, complétée les 21 et 6 avril 2024, M. B C et Madame A D épouse C demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de les convoquer dans un délai de 15 jours afin qu'ils puissent déposer leurs demandes d'admission exceptionnelle " motif professionnel " sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutiennent que, de nationalité algérienne, ils ont déposé respectivement les 10 et 21 octobre 2022 sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, qu'ils n'ont eu aucune réponse alors qu'ils travaillent comme assistants de vie depuis plusieurs mois, que la condition d'urgence est satisfaite car ils sont maintenus en situation irrégulière alors qu'ils travaillent et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 1er décembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C et Madame A D, ressortissants algériens nés respectivement les 15 août 1967 à Mekla (wilaya de Tizi-Ouzou) et 24 juin 1972 à Tizi-Ouzou, entrés en France le 29 juin 2019 munis de visas de court séjour délivrés par les autorités consulaires françaises à Alger, ont déposé les 10 et 21 octobre 2022, sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Ils faisaient valoir leur activité professionnelle d'assistants de vie auprès de la société " Henya " de Paris (75016). Ils n'ont reçu aucune réponse, malgré plusieurs relances du service. Par leur requête enregistrée le 30 novembre 2023, ils demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne Marne de leur délivrer un rendez-vous pour le dépôt de leurs demandes d'admission exceptionnelle au séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous.

4. En l'espèce, les requérants ne peuvent se prévaloir d'aucune circonstance particulière propre à rendre nécessaire l'obtention en urgence d'un rendez-vous en préfecture pour y effectuer le dépôt de leurs demandes d'admission exceptionnelle au séjour, dès lors qu'ils se sont maintenus sur le territoire au-delà de la durée de validité de leur visa, que rien ne s'opposer à ce qu'ils poursuivent leur vie privée et familiale dans leur pays d'origine commun, et que s'ils indiquent travailler comme " assistant de vie ", c'est sans disposer d'une quelconque autorisation en ce sens, ne soutenant d'ailleurs même pas que leur employeur en aurait solliciter une à leur profit.

5. Dans ces conditions, la requête de M. B C et de Madame A D ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B C et de Madame A D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Madame A D épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,