Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313189

samedi 17 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313189
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait l'avancement de son rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour et de changement de statut. Le juge a estimé que l'urgence invoquée résultait du propre retard de la requérante, qui n'avait déposé sa demande de rendez-vous que trois semaines avant l'expiration de son titre, en méconnaissance des délais prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La condition d'urgence n'étant pas remplie, la demande a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Marmin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'avancer son rendez-vous de dépôt d'une demande de renouvellement de son droit au séjour et de changement de statut et de lui délivrer un rendez-vous dans les huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros conformément à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 27 octobre 2023, qu'elle a demandé un changement de statut vers celui de salarié, son entreprise ayant obtenu une autorisation de travail à son profit, qu'un rendez-vous lui a été attribué pour le 17 janvier 2024, que son contrat de travail a été suspendu, et que la mesure sollicitée ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 12 décembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 22 novembre 1999 à Errachidia (Région de Drâa - Tafilalet), a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " et valable jusqu'au 27 octobre 2023. Elle a sollicité le 10 octobre 2023 de la préfète du Val-de-Marne un rendez-vous pour déposer une demande de changement de statut vers celui de salarié. Son employeur a en effet obtenu, le 28 novembre 2023, une autorisation de travail à son profit pour un emploi de commis de cuisine. La préfète du Val-de-Marne lui a délivré un rendez-vous pour le 17 janvier 2024. Le contrat de travail de l'intéressée avec la société " Park Hyatt Vendôme " de Paris (75002) a été suspendu à compter du 28 octobre 2023. Par sa requête enregistrée le 11 décembre 2023, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'avancer son rendez-vous à une date plus proche.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1°) L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a déposé sa demande de rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne en vue du renouvellement de son titre de séjour et d'un changement de statut que le 10 octobre, soit moins de trois semaines avant l'échéance de son précédent titre de séjour et au-delà du délai mentionné à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, elle a saisi le présent tribunal plus de six semaines après l'échéance de son titre de séjour et la suspension de son contrat de travail. Elle ne saurait donc se prévaloir d'une situation d'urgence qui résulte uniquement du retard observé par elle pour le dépôt de sa demande.

5. Dans ces conditions, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,