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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2313606

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313606

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313606
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2023, M. D A B, représenté par Me Hug, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 4 décembre 2023, à ce que l'astreinte prononcée par cette ordonnance soit portée à 100 euros par jour de retard et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) refuse d'exécuter cette ordonnance.

Il demande également son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Par une ordonnance du 20 décembre 2023, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 4 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n° 2311940) du 4 décembre 2023 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Madame Darnal, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1 Par une ordonnance du 4 décembre 2023, le juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, d'une part, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de délivrance d'une carte de résident présentée le 20 mars 2023 par M. D A B et, d'autre part, enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à l'intéressé, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai, une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail, ou tout autre document en tenant lieu, valable jusqu'au jugement à intervenir sur la requête en annulation présentée le 10 novembre 2023. La préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette ordonnance dans les délais impartis. Par une demande du 13 décembre 2023, M. A B demande la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance du 4 décembre 2023. La préfète du Val-de-Marne n'a formulé aucune observation au cours de la procédure, comme d'ailleurs au cours de celle ayant donné lieu à l'ordonnance du 4 décembre 2023. Une phase juridictionnelle a été ouverte le 20 décembre 2023.

2 Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ".

Sur la demande de liquidation et de modification de l'astreinte prononcée le 4 décembre 2023

3 Aux termes de l'article L. 911-6 du même code : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif ". Aux termes de l'article L. 911-7 dudit code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

4 Il est constant que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté les termes de l'ordonnance du 4 décembre 2023 dans les délais impartis, ni d'ailleurs à la date de la présente ordonnance, soit depuis 296 jours. Elle a d'ailleurs, par un message électronique en date du 6 décembre 2023 adressé au conseil du requérant, expressément refusé de le faire au motif que celui-ci serait domicilié à Paris alors qu'il établit l'être à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et indique, sans être contesté sur ce point, avoir procédé à son changement d'adresse sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France conformément aux dispositions de l'article R. 421-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5 Par suite, et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée le 4 décembre 2023 à la somme de 7 400 euros.

Sur les frais du litige

6 Par une décision du 20 décembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle du présent tribunal a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. A B pour la requête enregistrée sous le numéro 2311940, jusqu'à son exécution. Il n'y a donc pas lieu d'admettre à nouveau l'intéressé à l'aide juridictionnelle provisoire dans la présente requête, qui vise à assurer l'exécution de l'ordonnance du 4 décembre 2023.

7 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Hug, conseil de M. A B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

O R D O N N E :

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) est condamné à verser à M. A B une somme de 7 400 euros au titre de la liquidation provisoire de l'astreinte fixée par l'ordonnance n°2311940 du 4 décembre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Melun.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Me Hug, conseil de M. A B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B, à Me Hug et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne et au ministère public près la Cour des Comptes.

Le juge des référés, La greffière,

C : M. Aymard C : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2313606

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