Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400894

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400894
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B C épouse A. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer pour lui délivrer un titre de séjour ou un récépissé, suite au silence gardé sur sa demande de renouvellement. Le juge a estimé que le silence de l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la mesure sollicitée faisait obstacle à l'exécution de cette décision administrative, rendant la demande irrecevable en référé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2024, Mme D B C épouse A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin qu'elle puisse retirer son titre de séjour, ou renouveler son récépissé, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a déposé le 12 avril 2023 une demande de renouvellement du titre de séjour dont elle disposait en qualité de conjointe de Français, et en conséquence de l'absence de renouvellement de son récépissé, elle se trouve désormais en situation irrégulière et dans l'impossibilité de travailler ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 24 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

4. Mme B C épouse A, ressortissante algérienne née le 12 septembre 1986 à Bouira (Algérie), titulaire d'un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 11 mai 2023, a présenté une demande de renouvellement de ce titre auprès de la préfecture du Val-de-Marne, le 12 avril 2023. Le 11 novembre suivant, le récépissé mis en sa possession est arrivé à expiration sans avoir été renouvelé. Mme B C épouse A demande à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin de lui remettre son certificat de résidence, ou à défaut un nouveau récépissé de sa demande de titre.

5. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'en l'absence de toute circonstance de nature à démontrer qu'elle serait toujours en cours d'instruction, la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme B C épouse A doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, née du silence gardé par l'administration préfectorale pendant quatre mois, sur le fondement des articles R. 432-1 et

R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décision dont l'existence a été révélée par l'absence de renouvellement de son récépissé. En conséquence, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme B C épouse A le certificat de résidence sollicité ou un nouveau récépissé font obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Il appartient à la requérante, le cas échéant, de contester la légalité de la décision implicite de rejet de sa demande par un recours en excès de pouvoir, et de présenter en parallèle une requête tendant à la suspension de son exécution sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B C épouse A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B C épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B C épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,