Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401001

samedi 17 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401001
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Madame A, ressortissante algérienne, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre son certificat de résidence étudiant, dont la fabrication était annoncée depuis août 2023. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car l'attestation de décision favorable délivrée à l'intéressée, conformément à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui permet déjà de justifier de la régularité de son séjour. La solution retenue est donc le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024, Madame B A, représentée par Me Peketi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer pour récupérer sa carte de séjour " en cours de fabrication " depuis le 28 août 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros au titre des frais exposés, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France avec un visa d'étudiant, qu'elle a demandé un certificat de résidence algérien en cette qualité à la préfète du Val-de-Marne qui lui a indiqué, le 28 août 2023, qu'une décision favorable avait été prise et qu'un certificat de résidence algérien valable du 1er mai 2023 au 30 avril 2024 avait été mis en fabrication, que ce certificat ne lui a jamais été remis, que la condition d'urgence est satisfaite en raison de ce retard et des conséquences sur son droit au séjour, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 27 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame B A, ressortissante algérienne née le 26 juin 1996 à El Kseur (wilaya de Bejaïa), entrée en France le 26 février 2023 munie d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Alger valable jusqu'au 2 mai 2023, a sollicité de la préfète du Val-de-Marne la délivrance d'un certificat de résidence en cette qualité. Celle-ci, le 28 août 2023, lui a délivré une attestation de décision favorable lui indiquant qu'un certificat de résidence algérien en qualité d'étudiant, valable jusqu'au 30 avril 2024, avait été mis en fabrication. Ce titre de séjour ne lui ayant pas été remis, par une requête enregistrée le 26 janvier 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le lui remettre.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre ".

4. Pour justifier de la condition d'urgence, la requérante soutient qu'elle " se retrouve nécessairement bloquée dans ses démarches administratives, faute de justifier de la régularité de son séjour en France ". Or, il résulte des dispositions rappelées au point précédent qu'elle bénéficie d'une attestation de décision favorable dont le but est précisément " de justifier de la régularité de son séjour ".

5. Par suite, la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N NE :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,