Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401194
lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024, M. C A B, représenté par Me Abdel Salam, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui remettre " informatiquement " un duplicata de son titre de séjour et de son titre de voyage ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 4 décembre 2026, il en a déclaré la perte le 20 juillet 2020, puis l'ayant retrouvé, n'a pas informé la préfecture de cet évènement, qu'il a déménagé à Torcy (Seine-et-Marne) et sollicité son changement d'adresse sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais que cette démarche n'a pas fonctionné en raison d'un " problème technique ", que, lorsqu'il a voulu retirer son titre de voyage en novembre 2022, cela lui a été refusé car sa carte de résident avait été " virtuellement " détruite, qu'il lui a été demandé de solliciter un duplicata de son titre de séjour mais que cela n'est pas possible car son compte sur la plateforme est bloqué, que la sous-préfecture du Torcy l'a informé ensuite que son titre de séjour était disponible à la préfecture de police de Paris et que celle-ci devait le lui remettre " informatiquement ", que le 20 juillet 2023, cette remise lui a été refusée, que son compte sur la plateforme est toujours bloqué, que la condition d'urgence est satisfaite car il ne peut plus justifier de la régularité de son séjour ni voyager, et a vu ses droits sociaux suspendus et sommé de quitter son logement le
8 novembre 2023, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2024, le préfet de Seine-et-Marne informe le tribunal que ses services ont saisi ceux du préfet de police de Paris pour résoudre la " difficulté technique " rencontrée par M. A B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 M. A B, ressortissant soudanais né en 1990 à Minwigea, reconnu réfugié, a déclaré le 20 juillet 2020 à Sarcelles (Val-d'Oise) la perte de sa carte de résident délivrée par le préfet de police de Paris et valable jusqu'au 5 décembre 2026. En juin 2021, il a déménagé à Torcy (Seine-et-Marne) et a voulu procéder à un changement d'adresse sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais cela a été impossible " suite à un problème technique ". Son compte sur cette plateforme s'est révélé bloqué. Le 29 juin 2023, les services de la sous-préfecture de Torcy lui ont indiqué qu'un titre fabriqué était disponible à la préfecture de police de Paris et qu'il devait se rendre dans ce service pour une " remise informatique ". Celle-ci lui a été refusée le 20 juillet 2023, de même que la remise de son titre de voyage. Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui remettre " informatiquement " un duplicata de son titre de séjour et de son titre de voyage.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Il ressort des pièces du dossier que les services du préfet de Seine-et-Marne ont saisi, en février 2024, ceux de la préfecture de police de Paris aux fins de résoudre les difficultés informatiques qui empêchent la remise des titres de séjour et de voyage de M. A B. Ce dernier, plus de cinq mois plus tard, ne soutenant pas que cette remise n'a pas été effectuée ni qu'il n'a pas été mis en possession des documents lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, il n'y a plus lieu de statuer que les conclusions de sa requête formées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4 Dans les circonstances de l'espèce, la demande de M. A B présentée sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sera rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,