Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401644

mercredi 4 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401644
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B pour obtenir une convocation afin de retirer son certificat de résidence "vie privée et familiale". La préfète du Val-de-Marne a démontré que la requérante avait été convoquée le 11 mars 2024 pour la remise de son titre, rendant la demande sans objet. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et a rejeté la demande de frais de justice, faute de justificatifs.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 et le 12 février 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin de lui permettre de retirer son certificat de résidence mention " vie privée et familiale ", dans le délai de

48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de

100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité dans laquelle elle se trouve de contacter les services de la préfecture du Val-de-Marne depuis octobre 2023 fait obstacle à la remise effective du certificat de résidence qui lui a été délivré ;

- l'accès à la préfecture est rendu impossible par les agents de police, qui vérifient les convocations avant de permettre d'entrer dans les locaux de la préfecture ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, la préfète du

Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que Mme B a été convoquée le 11 mars 2024 à 14h pour la remise de son titre de séjour, et qu'en conséquence la requérante ne justifie pas de l'urgence de sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Mme B, ressortissante algérienne née le 6 février 1987 à

El Harrach (Algérie), entrée en France le 26 janvier 2022 sous couvert d'un visa court séjour, a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne le 5 janvier 2023 d'une demande de délivrance d'un certificat de résidence en qualité de conjointe d'un ressortissant français. Le

5 octobre 2023, la requérante a été invitée par sms à se rendre le 10 octobre suivant auprès des services de la préfecture pour le retrait de son titre de séjour, rendez-vous qu'elle n'a pas pu honorer. Mme B demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin de lui permettre d'obtenir ce certificat de résidence.

3. Toutefois, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que, le 28 février 2024,

Mme B a été convoquée le 11 mars suivant à 14h pour la remise de son titre de séjour. La requérante n'allègue pas avoir rencontré de difficultés à cette occasion pour la remise effective de son certificat de résidence. Par conséquent, la demande de convocation ayant perdu son objet, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

4. Mme B ne justifie pas des frais qu'elle aurait engagés dans la présente instance. Par conséquent, sa demande tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par

Mme B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,