Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401819

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401819
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante nigériane demandant l'enregistrement de sa demande de titre de séjour étudiant. La préfète du Val-de-Marne ayant convoqué l'intéressée pour déposer sa demande postérieurement à l'introduction du recours, le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales. Les conclusions accessoires présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, Madame B A, représentée par Me Garavel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'enregistrement de sa demande d'admission au séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 50 € par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité nigériane, elle est entrée en France munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour comme " étudiant " valable jusqu'au 25 septembre 2021, qu'elle a sollicité le renouvellement de ce titre sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, et a reçu, dans l'attente de l'instruction de sa demande, des attestations de prolongation d'instruction, que sa demande a été clôturée en raison de l'incomplétude de son dossier, que depuis, elle n'a pas pu déposer de nouveau sa demande, malgré un rendez-vous en préfecture, que la condition d'urgence est satisfaite et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 février 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressée ayant été convoquée le

6 mars 2024 pour le dépôt de sa demande.

Par un mémoire en réplique enregistré le 5 mars 2024, Mme A, représentée par

Me Garavel, prend acte de cette convocation et maintient ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame B A, ressortissante nigériane née le 12 avril 1995 à Lagos, a sollicité le 14 octobre 2021 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, son visa de long séjour valant titre de séjour, délivré par les autorités consulaires françaises à Lagos, étant arrivé à échéance depuis le

25 septembre 2021. Des attestations de prolongation d'instruction lui ont été remises par la préfète du Val-de-Marne, dont la dernière était valable jusqu'au 10 octobre 2022. Il lui a été demandé, le 3 octobre 2022 de compléter son dossier ce qui s'est révélé impossible, son compte sur la plateforme étant bloqué. Sa demande a donc été clôturée le 3 novembre 2022. Madame A n'a pu présenter une nouvelle demande sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, puisque son précédent titre était expiré depuis plus de neuf mois Par sa requête enregistrée le 14 février 2024, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'enregistrement de sa demande d'admission au séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour le 6 mars 2024 en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article

L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".

4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, Mme A a été convoquée le 6 mars 2024 à 9 heures en préfecture du Val-de-Marne pour déposer sa demande de titre de séjour. L'intéressée ne soutenant pas, plus de six mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'il ne lui a pas été remis depuis cette date un titre de séjour, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Madame A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et à la préfète du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,