Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401827

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401827
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Madame A, ressortissante surinamienne, qui demandait qu’il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de vérifier ses empreintes et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction. Le juge a estimé que, faute de réponse dans le délai de quatre mois prévu à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour était née le 5 avril 2023. Dès lors, la demande de Madame A était dépourvue d’utilité et faisait obstacle à l’exécution de cette décision administrative, justifiant son rejet par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, Madame B A, représentée par Me Maimouna Abdou , demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder aux vérifications nécessaires afin de déterminer si ses empreintes figurent dans la base de données de l'administration ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction sans délai et sous astreinte de 25 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à venir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité surinamienne, elle est entrée le 31 janvier 2022 sur le territoire français munie d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " visiteur ", qu'elle a sollicité le renouvellement de son droit au séjour et la délivrance d'une carte de séjour en cette qualité, que, depuis lors, elle n'a eu qu'un seul retour des services préfectoraux l'informant qu'elle serait contactée par la préfecture du Val-de-Marne pour qu'elle puisse effectuer la prise de ses empreintes, manquantes dans son dossier, que, depuis lors, et malgré de nombreuses relances, elle n'a eu aucune information, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation irrégulière depuis plus d'un an ce qui fait obstacle à son droit de circuler et qu'elle s'expose à un risque d'éloignement et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame B A, ressortissante surinamienne née le 1er octobre 2000 à Paramaribo, est entrée en France munie le 4 février 2022 munie d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " visiteur " délivrée par les autorités consulaires françaises dans cette ville, valable jusqu'au 13 janvier 2023. Le 3 janvier 2023, elle a sollicité de la préfète du

Val-de-Marne le renouvellement de ce titre de séjour. Elle a été informée, le 1er février 2024, soit un an plus tard, que ses empreintes étaient manquantes et qu'elle serait contactée par les services de la préfecture si elles n'étaient pas retrouvées dans son dossier. Par une requête enregistrée le 14 février 2024, Madame A demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de procéder aux vérifications nécessaires afin de déterminer si ses empreintes figurent dans la base de données de l'administration, et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose :

" Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article

L. 522-1 ".

3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4 En l'espèce, Madame A a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 3 janvier 2023. Faute de réponse dans le délai de quatre mois, comme de toute convocation de la part de la part de la préfète du Val-de-Marne susceptible de prolonger le délai d'instruction, elle doit donc être réputée comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 5 avril 2023.

5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Madame A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6 Dans ces conditions, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,