Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401828
mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. B A, représenté par
Me Abitbol , demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé, une attestation de dépôt ou tout document lui permettant de travailler et le maintenant dans ses droits, le temps de l'instruction de son dossier dans le cadre de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Il indique que, de nationalité sénégalaise, il était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant-élève " valable jusqu'au 19 janvier 2024, qu'il a sollicité le 4 janvier 2024 le renouvellement de sa carte par courrier recommandé, que son dossier a été réceptionné par la préfecture le 8 janvier 2024, qu'il n'a jamais eu de retour la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en situation précaire et ne peut travailler sans carte professionnelle et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 18 mars 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice, modifié par l'arrêté du 22 septembre 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 15 décembre 1992 à Ndangalma (Région de Diourbel), a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " étudiant-élève " délivré par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 19 janvier 2024, dont il a sollicité de la préfète du Val-de-Marne le renouvellement par une lettre reçue en préfecture le 8 janvier 2024. Il n'a eu aucune réponse. Par une requête enregistrée le 14 février 2024, il demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer tout document lui permettant de travailler et de le maintenir dans ses droits, le temps de l'instruction de son dossier. .
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4, R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5. Aux termes par ailleurs de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 1° A compter du 1er mai 2021, les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention " étudiant " ou " étudiant-programme de mobilité " mentionnées aux articles L. 422-1 et L. 422-5 du même code, de cartes de séjour pluriannuelles portant les mêmes mentions, délivrées en application des articles L. 422-6 et L. 433-4 du même code, ainsi que de certificats de résidence algériens portant la mention " étudiant " prévus au titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; () ".
6. En l'espèce, M. A a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 8 janvier 2024, soit en dehors du délai mentionné à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne soutient pas l'avoir fait au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du même code. Il n'établit donc pas la condition d'urgence qu'il y aurait à se voir délivrer un document provisoire de séjour dès lors que la situation qu'il déplore résulte de son retard à déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour, au surplus en ne suivant pas la procédure prévue à cet effet.
7. En tout état de cause, faute de réponse dans le délai de quatre mois, comme de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou de toute demande de pièces complémentaires après cette date, de la part de la préfète du Val-de-Marne, susceptible de prolonger le délai d'instruction, M. A doit être réputé comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 9 avril 2024.
8. Par suite, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
9. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, si il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,