Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401852
jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401852 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2024, Madame C B épouse A, représentée par Me Razafindratsima , demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer aux fins du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, dans un délai de huit jours et sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité marocaine, elle a sollicité le 30 octobre 2023, sur le site " demarchessimplifiees.fr " de la préfecture du Val-de-Marne, un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", que, le 30 janvier 2024, les services préfectoraux ont classé sans suite sa demande car la procédure relevait exclusivement de la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, que, malgré la création de son compte, elle ne peut accéder à la plateforme, elle a alors fait part de ses difficultés par un courriel du 13 février 2024 au service d'assistance de cette plateforme qui est resté sans réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation précaire et que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 février 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu de la requête, l'intéressée ayant été convoquée le 26 février 2024 pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 3 mars 2024, Madame C B épouse A, représentée par Me Razafindratsima, prend acte de cette convocation et maintient ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame C B, ressortissante marocaine née le 6 août 1978 à Tiddas (Région de Rabat-Salé-Kénitra), titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 9 janvier 2024, a sollicité son renouvellement, le 30 octobre 2023, auprès de la préfète du Val-de-Marne le renouvellement de ce dernier. Il lui a été indiqué le
30 janvier 2024, soit trois mois plus tard, que sa demande devait être déposée sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France. Madame B s'est trouvée dans l'impossibilité matérielle de déposer sa demande, la plateforme ne reconnaissant ni son identifiant, ni son mot de passe. Malgré de nombreuses relances, elle n'a pas eu de réponse des services d'assistance de la plateforme et le dysfonctionnement soulevé n'a pas été corrigé. Par une requête enregistrée le 15 février 2024, elle demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour le 26 février 2024 en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, Mme B a été convoquée le 6 mars 2024 à la préfecture du Val-de-Marne pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. L'intéressée ne soutenant pas, plus de six mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'il ne lui a pas été remis à cette occasion son titre de séjour, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 000 euros à verser à Madame B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de Madame B présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1.000 euros à Madame B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,