Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401958

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401958
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun rejette la requête en référé suspension de Mme A, ressortissante togolaise, qui contestait le refus implicite du préfet de Seine-et-Marne de prolonger son visa de court séjour. Le juge des référés a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, la requérante étant déjà retournée dans son pays d'origine sans incident et le risque de perte de son visa n'étant pas établi. En conséquence, la demande de suspension et les conclusions accessoires ont été rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 février 2024, Mme B A, représenté par Me Tchiapke, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite de rejet opposé par le préfet de Seine-et-Marne à sa demande de prolongation de visa ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de la convoquer afin d'examiner sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, jusqu'au prononcé du jugement sur le fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité togolaise, elle est titulaire d'un visa de court séjour valable jusqu'au 13 septembre 2026, qu'elle effectue des voyages réguliers sur le territoire depuis 1971, et qu'elle est hébergée par sa fille, que lors de son dernier passage elle a été hospitalisée et n'a pas rentré dans son pays à la date prévue en raison du suivi post-opératoire, que son retour a donc été repoussé au 7 février 2024, qu'elle a sollicité du préfet de Seine-et-Marne la prolongation de son visa de court séjour le 14 décembre 2023, et qu'elle n'a eu aucune réponse, ce qui a fait naître une décision implicite de rejet.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle s'expose à une retenue à l'aéroport et au risque de perdre bénéfice du visa de court séjour portant la mention " famille de français " qui lui est délivré depuis plusieurs années, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 17 février 2024 sous le n° 2701992, Mme A a demandé l'annulation de la décision en litige.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de

l'affaire. () ".

2. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de la condition d'urgence, la requérante soutient qu'elle s'expose à une retenue à l'aéroport et au risque de perdre le bénéfice de son visa de court séjour portant la mention " famille de français " qui lui est délivré depuis plusieurs années. Toutefois, d'une part, la requérante indique être repartie dans son pays d'origine le 7 février 2024, soit dix jours avant la saisine du présente tribunal, sans qu'il soit soutenu que les services de la police aux frontières de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle lui aient fait des observations sur sa durée de présence sur le territoire, et d'autre part, le risque invoqué n'est pas établi, dès lors qu'elle ne fait état d'aucune intention des autorités consulaires françaises à Lomé (Togo) d'annuler le visa dont elle dispose au motif qu'elle n'aurait pas respecté sa durée de présence autorisée sur le territoire pour des raisons médicales dûment établies.

4. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite, la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2401958