Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402503
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2402503 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une lettre du 18 octobre 2023, Madame A C épouse B, représentée par Me Leblanc, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance du juge des référés n°2309101 du 2 octobre 2023, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
Elle indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté l'ordonnance du 2 octobre 2023 dans les délais impartis et demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour, ou tout autre document en tenant lieu, permettant de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et l'autorisant à travailler et à voyager, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, conformément au jugement rendu qui lui faisait injonction de lui délivrer un tel document dans un délai de 5 jours.
La demande initiale de Madame C a été communiquée le 26 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucune observation.
Un rappel en vue de l'exécution de l'ordonnance du 2 octobre 2023 a été transmis à la préfète du Val-de-Marne le 30 novembre 2023.
Par une lettre du 24 novembre 2023, Madame C, représenté par Me Leblanc, a informé le tribunal qu'un récépissé lui avait été remis ce jour, valable jusqu'au 23 mai 2024. Elle indique par ailleurs que la somme mise à la charge de l'Etat au titre des frais irrépétibles ne lui a toujours pas été versée.
Par une ordonnance du 1er mars 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 2 octobre 2023.
L'affaire a été inscrite à l'audience du 19 mars 2024.
Par une lettre du 11 mars 2024, Madame C, représentée par Me Leblanc, a informé le tribunal que la somme mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative lui avait été versée le 19 décembre 2023, majorée des intérêts légaux.
L'affaire a été radiée du rôle de l'audience du 19 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal (requête n° 2309101) du
2 octobre 2023 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A C, épouse B, ressortissante tunisienne née le 23 janvier 1998 à Sfax, est entrée en France munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour, valable jusqu'au 29 août 2023, en qualité de conjointe de français, délivré par les autorités consulaires françaises à Tunis. Elle avait en effet épousé le 26 juin 2021 un ressortissant français à Sfax et le mariage a été transcrit à l'état-civil français le 1er juillet 2022. Ellet n'a reçu aucune réponse avant le 27 juillet 2023, date à laquelle elle a été informée que son dossier était classé " sans suite " avec pour motif " ANEF ". Elle a alors déposé sa demande sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 30 juillet 2023 et ne s'est vu remettre qu'une confirmation de dépôt ne lui permettant pas de justifier de la régularité de son séjour. Elle n'a reçu aucun autre document, y compris après l'expiration de son visa de long séjour le 29 août 2023 et notamment pas un récépissé de demande de titre de séjour ou une date de rendez-vous en préfecture. Par une requête enregistrée le 4 septembre 2023, elle a demandé au tribunal d'annuler cette décision de refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour et a sollicité du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Il a été fait droit à cette dernière requête par une ordonnance du juge des référés du 2 octobre 2023 qui a notamment enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Madame C, épouse B, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance, un récépissé de demande de titre de séjour, ou tout autre document en tenant lieu, permettant à la requérante de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et l'autorisant à travailler et à voyager. Cette ordonnance n'a pas été exécutée dans le délai imparti. Madame C a donc demandé au tribunal, le 18 octobre 2023, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'exécuter cette ordonnance. La préfète du Val-de-Marne a remis à l'intéressée, le 24 novembre 2023, un récépissé de demande de titre de séjour, valable six mois, et a procédé, le 19 décembre 2023 au versement de la somme mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2. Aux termes d'autre part de 1'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ".
3. Eu égard à ce qui a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne doit être réputée, à la date du 19 décembre 2023, avoir pleinement exécuté les termes de l'ordonnance du 2 octobre 2023 ; Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête en exécution de cette ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame C en exécution de l'ordonnance du 2 octobre 2023.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A C, épouse B et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2402503
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