Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402513

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2402513
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme A d'une demande d'exécution d'une ordonnance du juge des référés du 17 juillet 2023, qui enjoignait à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. La requérante s'est désistée de sa demande après avoir obtenu un titre de séjour le 29 août 2023. Le tribunal a donné acte de ce désistement par une ordonnance du 1er mars 2024, constatant que l'exécution de la décision initiale était devenue sans objet. Cette solution s'appuie sur l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre enregistrée le 28 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Pouly, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande d'exécution de l'ordonnance du juge des référés du 17 juillet 2023.

Il indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette ordonnance dans les délais impartis

La demande initiale de Mme A a été communiquée le 30 août 2023 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a présenté aucune observation.

Le 1er septembre 2023, le tribunal a été informé par la requérante qu'elle avait obtenue, le 29 août 2023, un récépissé de demande de titre de séjour.

Un rappel de la demande d'exécution a été transmis le 29 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne, resté sans réponse.

Par une ordonnance du 1er mars 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 17 juillet 2023.

Par un mémoire enregistré le 4 mars 2024, Mme A, représentée par Me Pouly, a indiqué se désister de sa demande d'exécution, ayant obtenu un titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n° 2306524) du 17 juillet 2023 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante tunisienne née le 28 mars 1997 à Tunis, est entrée en France le 28 août 2015 sous couvert d'un visa long séjour étudiant. Elle a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étudiante, dont le dernier a expiré le 5 octobre 2021. Elle a obtenu en 2021 un diplôme de master et a été admise à poursuivre son séjour sous couvert d'autorisations provisoires de séjour valables pour une durée de six mois conformément aux stipulations de l'article 2§ 2 point 2 de l'accord franco-tunisien. Elle a réussi l'examen d'admission aux centres de formation professionnelle des avocats le 21 novembre 2022 et elle a demandé un titre de séjour en qualité d'étudiant sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 2 mai 2023 qui a été contestée le 26 juin 2023 devant le présent tribunal et dont l'exécution a été suspendue par le juge des référés dans son ordonnance susvisée du 17 juillet 2023. Celle-ci a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme A et de lui délivrer le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance. Cette injonction n'étant pas exécutée dans ce délai, Mme A a demandé, par une requête enregistrée le 5 août 2023, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, qu'une astreinte lui soit ajoutée. Postérieurement à sa requête, soit le 18 août 2023, la préfète du Val-de-Marne a délivré à l'intéressée un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 17 novembre 2023. Le juge des référés a donc prononcé un non-lieu sur cette demande le 19 mars 2024. Par une lettre du 28 juillet 2023, Mme A avait aussi saisi le tribunal administratif d'une demande d'exécution de cette ordonnance sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

2. Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au

tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ".

3. Par son mémoire enregistré le 4 mars 2024, Mme A a indiqué qu'elle se désistait de sa demande d'exécution de l'ordonnance du 17 juillet 2023, ayant obtenu un titre de séjour. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte à Mme A de son désistement des conclusions de sa demande d'exécution de l'ordonnance du 17 juillet 2023.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et à la préfète du

Val-de-Marne.

Le vice-président,

magistrat désigné,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2402513