Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402942

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2402942
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la mesure sollicitée est dépourvue d'utilité et ferait obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La requête est donc rejetée, M. A étant invité à contester la décision implicite par un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, M. B A, représenté par Me Tordo, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, que, ressortissant ivoirien, il est entré en France le 1er février 2020 muni d'un visa d'étudiant, qu'il a eu des titres de séjour en cette qualité dont le dernier est arrivé à expiration du 15 février 2024, qu'il en a demandé le renouvellement le 17 octobre 2023, qu'il n'a reçu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 12 mars 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 19 juillet 1997 à Bouaké, entré en France selon ses dires le 1er février 2020 muni d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Abidjan, a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour en cette qualité délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 15 février 2024. Il en a demandé le renouvellement le 17 octobre 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et n'a reçu aucune réponse, y compris après l'expiration de sa carte de séjour, ni aucune attestation de prolongation d'instruction. Par sa requête enregistrée le 11 mars 2024, il sollicite du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une telle attestation.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé le 17 octobre 2023 une demande de titre de séjour sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Par suite, et en l'absence de toute information communiquée par les parties depuis l'introduction de la présente requête, le défaut de réponse dans un délai de quatre mois, comme de toute demande de pièces complémentaires par la préfète du Val-de-Marne susceptible de prolonger le délai d'instruction, ne peut que révéler l'existence, à la date du 18 février 2024, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. A.

5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la requête présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,