Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402943
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2402943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Madame C, représentée par Me Werba, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation en préfecture dans un délai de 3 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, afin qu'elle puisse obtenir un récépissé de sa demande de délivrance de carte de séjour " passeport talent " ou, le cas échéant, ladite carte de séjour ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour " passeport talent " ou une carte de séjour dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité indienne, elle est entrée en France le 4 mars 2022 avec un visa de long séjour portant la mention " passeport - talent " , qu'elle a pris ses fonctions auprès de la société " go Fluent SAS ", qu'une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée le 12 septembre 2022 par la préfète du Val-de-Marne, valable jusqu'au 11 décembre 2022, qu'elle a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " passeport-talent ", qu'elle a été informée le 13 avril 2022 que sa " demande de titre de séjour est en cours de fabrication ", et n'a plus reçu aucune nouvelle de l'avancement de son dossier, qu'à la suite d'une précédente requête en référé enregistrée le 10 février 2023, un nouveau récépissé lui a été remis valable jusqu'au 19 octobre 2023, qui n'a pas été renouvelé malgré une demande en ce sens, que la condition d'urgence est donc satisfaite et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
La requête a été communiquée le 12 mars 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame A B, ressortissante indienne née le 9 avril 1995 à Bangalore (Etat du Karnataka), titulaire d'un " Master of science (MSc) International Business" délivrée en 2020 par " Skema Business School ", entrée en France le 4 mars 2022 munie d'un visa portant la mention " passeport-talent " délivré par les autorités consulaires françaises à Bangalore, a déposé une demande de titre en cette qualité le 8 novembre 2022 devant la préfète du Val-de-Marne. Un récépissé valable jusqu'au 11 décembre 2022 lui a alors été remis. Elle a conclu un contrat de travail à durée indéterminée avec la société
" go Fluent " de Paris (75008). Son récépissé n'a pas été renouvelé et elle n'a reçu aucune nouvelle de la part des services de la préfecture. Sa société l'a mise en demeure de présenter un titre de séjour en cours de validité. Par une première requête enregistrée le 10 février 2023, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer et de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, elle a été convoquée d'abord le 9 mars puis le 20 avril 2023 pour déposer sa demande de titre de séjour et un récépissé valable jusqu'au 19 octobre 2023 lui a été remis, qui n'a pas été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Par une seconde requête enregistrée le 11 mars 2024, elle sollicite à nouveau du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui renouveler son récépissé ou de lui délivrer son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le récépissé délivré le 20 avril 2023 à l'intéressé n'a pas été renouvelé au-delà du 19 octobre 2023. Par suite, et en l'absence de toute information communiquée par les parties depuis l'introduction de la présente requête, le défaut de renouvellement de ce récépissé, comme de toute demande de pièces complémentaires par la préfète du Val-de-Marne susceptible de prolonger le délai d'instruction, ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par Madame B.
5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la requête présentée par Madame B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6. Dans ces conditions, la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,