Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402956
mercredi 4 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2402956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Mme A C épouse B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de lui délivrer une convocation dans les quinze jours afin qu'elle puisse déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour comme conjoint de français et d'obtenir un récépissé pour pouvoir travailler en application des dispositions des articles L. 911-1 du code de justice administrative et R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en raison des frais exposés pour sa défense.
Elle indique que, de nationalité congolaise, elle a été titulaire d'une carte de séjour en qualité de conjoint de français qui est arrivé à échéance le 29 octobre 2022, qu'elle en a demandé le renouvellement le 28 juillet 2023, qu'elle n'a aucune réponse de la préfecture du Val-de-Marne, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative et est utile.
La requête a été communiquée le 12 mars 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Mme C, ressortissante congolaise née le 8 novembre 1976 à Brazzaville, entrée en France le 15 janvier 2022 munie d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité de conjoint de français délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville et valable jusqu'au 28 octobre 2022, a déposé, auprès de la préfète du Val-de-Marne, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, le 28 juillet 2023, une demande de renouvellement de ce titre de séjour. Elle n'a reçu aucune réponse malgré plusieurs relances du service. Par une requête enregistrée le 11 mars 2024, Mme C demande au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin qu'elle puisse demander le renouvellement de son titre et obtenir un récépissé.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de
quatre mois. () ".
4 En l'espèce, Mme C a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 28 juillet 2023. Faute de réponse dans le délai de quatre mois, comme de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou de toute demande de pièces complémentaires après cette date, de la part de la préfète du Val-de-Marne, susceptible de prolonger le délai d'instruction, elle doit donc être réputée comme s'étant vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 29 novembre 2023.
5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par Mme C sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
6 Dans ces conditions, la requête de Mme C ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,