Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403792

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403792
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL RETEX AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, était amené à statuer sur une demande de suspension de la décision du sous-préfet de Torcy du 11 juillet 2023 accordant le concours de la force publique pour l'expulsion de membres de la communauté des gens du voyage occupant un terrain à Courtry. Les requérants invoquaient l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment en raison de l'absence de solution de relogement et d'une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale. Toutefois, les requérants se sont désistés de leur requête, ce dont le préfet a pris acte. Par conséquent, le tribunal a constaté ce désistement et a radié l'affaire du rôle de l'audience, sans se prononcer sur le fond du litige.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, Madame F H, Madame B J, M. E K, Madame G A et M. D I, représentés par Me Cunin, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du sous-préfet de Torcy en date du 11 juillet 2023 portant autorisation à la commune de Courtry et à son commissaire de justice, le concours de la force publique pour l'expulsion des requérants et la remise en état des lieux, et de toute autre décision en ce sens ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune de Courtry une somme de

5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens.

Ils indiquent qu'ils résident, avec 80 à 90 autres personnes de la communauté des gens du voyage, depuis 2013 sur un terrain situé 100 chemin de Courtry au Pin à Courtry (Seine-et-Marne), que, par une ordonnance du 21 avril 2021, confirmée par la cour d'appel de Paris le 3 décembre 2021, le juge des référés du tribunal judiciaire de Meaux (Seine-et-Marne) a ordonné leur expulsion de ce terrain, qu'ils ont été informés en septembre 2023 de l'existence d'une décision du 11 juillet 2023, qui ne leur a jamais été communiquée, par laquelle le préfet de Seine-et-Marne (sous-préfet de Torcy) avait accordé à la commune de Courtry le concours de la force publique en vue de leur expulsion, et que celle-ci était imminente.

Ils soutiennent que la condition d'urgence car de nombreuses personnes de leur communauté souffrent de problèmes médicaux graves et de handicaps et leur expulsion menacerait leur état de santé, car aussi ils ne disposent d'aucun logement et la scolarisation des enfants serait interrompue, et, sur le doute sérieux, que la décision a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car aucune solution de relogement ne leur a été proposée et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée le 29 mars 2023 au préfet de Seine-et-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 15 avril 2024, Madame F H, Madame B J, M. E K, Madame G A et M. D I, représentés par Me Cunin, ont déclaré se désister de leur requête.

Par un mémoire enregistré le 22 avril 2024, le préfet de Seine-et-Marne (sous-préfet de Torcy) a pris acte de ce désistement.

L'affaire a été radiée du rôle de l'audience du 25 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 28 mars 2024 sous le numéro 2403786, les requérants ont demandé l'annulation de la décision en litige.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 13 février 2013, Mme A a reçu en donation une parcelle de terrain à usage agricole située sur la commune de Courtry (Seine-et-Marne), 100 vieux chemin de Courtry au Pin, cadastrée YA 100. Par un arrêté du 19 mai 2015, le maire de la commune de Courtry l'a autorisée à clôturer son terrain. En 2018, ce terrain a été divisé en cinq parcelles cadastrées YA 127 à YA 131. Le 8 décembre 2018, Mme A a fait donation à M. J des parcelles YA 127 à 130. En 2019, M. J a, à son tour, vendu à Mme H la parcelle cadastrée YA129 et fait donation à Mme J et à M. K des parcelles cadastrées YA128 et YA 130. Des aménagements ayant été constatés sur les parcelles litigieuses, des poursuites ont été engagées par le procureur de la République à l'encontre de Mme A et M. J pour infraction aux dispositions du plan local d'urbanisme sur les parcelles YA 127 à 131 entre le 8 août 2017 et le 13 avril 2019. Par un jugement correctionnel du 15 novembre 2019, ils ont été déclarés coupables des faits qui leur étaient reprochés, le tribunal ayant ajourné le prononcé de la peine. Mme A et M. J ont interjeté appel de ce jugement. Par des actes des 4, 5 et 10 février 2021, la commune de Courtry a assigné Mme A, Mme H, Mme J, M. K, M. C et M. et Mme I devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Meaux pour qu'il ordonne l'enlèvement des caravanes et la démolition des clôtures, constructions et aménagements présents sur les parcelles YA 127 à YA 131 et, à défaut d'exécution, qu'il ordonne l'expulsion de tout occupant de ces parcelles et leur remise en état naturel. Par une ordonnance du 21 avril 2021, le juge des référés a ordonné la remise en l'état naturel des parcelles YA 127 à 131 situées 100 vieux chemin de Courtry au Pin et par conséquent la démolition des clôtures, aménagements divers et constructions édifiées (notamment sur les parcelles YA 128 et YA 129) dans un délai de six mois à compter de la signification de l'ordonnance, dit qu'à défaut de départ volontaire des constructions concernées ou en l'absence d'exécution des injonctions dans les délais prescrits, il pourra être procédé à l'expulsion de tous occupants des caravanes et constructions présentes sur lesdites parcelles, préalablement aux opérations d'enlèvement et de démolition, ainsi qu'à l'enlèvement et au gardiennage des objets mobiliers et des véhicules se trouvant sur les parcelles concernées au jour de l'expulsion, et autorisé pour procéder aux opérations d'expulsion et de démolition, en tant que de besoin, le concours de la force publique et l'assistance d'un serrurier. Cette ordonnance a été confirmée par la cour d'appel de Paris le 3 décembre 2021. Les intéressés indiquent avoir été informés au mois de septembre 2023, de l'existence d'une décision du 11 juillet 2023 du préfet de Seine-et-Marne (sous-préfecture de Torcy) par lequel celui-ci avait accordé à la commune de Courtry le concours de la force publique pour procéder à leur expulsion et à la remise en état d'office des parcelles, ainsi que de l'imminence d'une telle opération. Ils ont alors sollicité auprès du sous-préfet la communication de cette décision, sans obtenir de réponse. Cependant, après des échanges avec les services de la commune, les requérants ont obtenu oralement un sursis pour cette expulsion, jusqu'au printemps 2024. Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, Madame F H, Madame B J, M. E K, Madame G A et M. D I ont demandé au tribunal l'annulation de cette décision du 11 juillet 2023 et ont sollicité du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Par un mémoire enregistré le 15 avril 2024, Madame F H,

Madame B J, M. E K, Madame G A et M. D I ont déclaré se désister de leur requête. Rien ne s'oppose à ce qu'il leur en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte à Madame F H, à Madame B J, à

M. E K, à Madame G A et à M. D I de leur désistement de leur requête.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame F H, à Madame B J, à M. E K, à Madame G A et à M. D I et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,