Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404301
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404301 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. A B A, représenté par Me Plantin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, soit en lui permettant de déposer une demande de titre de séjour sur le site de l'Administration numérique pour les étrangers en France soit en lui accordant un rendez-vous en préfecture ou sous-préfecture pour déposer une telle demande, et de procéder sans délai à son instruction, et ce dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité brésilienne, il a bénéficié de plusieurs titres de séjour depuis 2010, qu'il ne lui a pas été possible d'en demander le renouvellement en raison d'un blocage sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et est marié avec une ressortissante française avec qui il a eu un enfant, et que la mesure sollicitée est donc utile car la préfète du Val-de-Marne ne lui a remis que des cartes de séjour périmées et n'étant pas en mesure de corriger le blocage technique de la plateforme.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoquée le
7 mai 2024 pour le dépôt de son dossier.
Par un mémoire en réplique enregistré le 30 avril 2024, M. A B A, représenté par Me Plantin, prend acte de cette convocation et maintient ses demandes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un nouveau mémoire enregistré le 1er juillet 2024, M. A B A, représenté par Me Plantin, conclut aux mêmes fins en constatant que la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France contient des informations erronées le concernant est toujours inutilisable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B A, ressortissant brésilien né le 22 septembre 1986 à Salvador (Etat de Bahia), entré en France en 2010 muni d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Brasilia, a bénéficié de plusieurs titres de séjour en cette qualité, le dernier en date, portant la mention " travailleur temporaire ", étant délivré par la préfète du
Val-de-Marne et était valable jusqu'au 31 août 2023. Ce dernier titre de séjour ne lui a été remis que le 16 février 2024 par les services de la préfecture du Val-de-Marne alors que la demande de renouvellement avait été faite le 18 novembre 2021. Le 13 décembre 2023, il avait déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de solliciter un titre de séjour en qualité de conjoint de français, étant marié avec une ressortissante française depuis le 9 septembre 2023. Cette demande a été rejetée le 22 décembre 2023 au motif qu'elle devait être déposée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Toutefois, un tel dépôt s'est avéré impossible, le dernier titre de séjour remis à l'intéressé étant arrivé à échéance depuis plus de neuf mois et la préfecture du Val-de-Marne ne lui ayant toujours pas remis de titre de séjour valide. Une demande identique effectuée le 16 février 2024 a été également rejetée le 23 février 2024 pour le même motif, l'intéressé se heurtant au même blocage de la plateforme. Des réclamations tant auprès de l'Agence nationale des titres sécurisés que de la préfecture du Val-de-Marne n'ont été suivies d'aucun effet, malgré de nombreuses relances, toutes restées sans réponse utile, son compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France étant toujours bloqué. Par une requête enregistrée le
8 avril, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, soit le 29 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne a indiqué qu'elle avait convoqué l'intéressé pour le 7 mai 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué
M. B A le 7 mai 2024 pour le dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Si l'intéressé soutient que son compte sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France comporterait toujours des mentions inexactes, en particulier sur l'historique des titres de séjour dont il a bénéficié, il ne soutient pas, plus de trois mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été délivré à cette occasion.
5. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M B A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une décision implicite de rejet à la demande présentée le 7 mai 2024 n'intervenant au plus tôt que le 8 septembre 2024, ou à l'échéance postérieure du document provisoire remis ce jour-là à l'intéressé.
Sur les frais de justice :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2000 euros à verser à M. B A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2000 euros à M. B A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,