Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404309
lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, complété les 12 juin, 20 et 29 juillet 2024, Madame D demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Seine et Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de séjour pour le dépôt de sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme à déterminer au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité sri-lankaise, elle est entrée en France en 2013, que son
mari dispose d'une carte de résident comme réfugié, qu'elle tente depuis six mois d'obtenir un rendez-vous en préfecture de Seine-et-Marne pour déposer sa demande de titre de séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation de précarité alors que son mari est en situation régulière, et que la mesure sollicitée est utile pour voir maintenus ses droits.
Par un mémoire enregistré le 18 avril 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, l'intéressé n'ayant jamais transmis de dossier d'admission exceptionnelle au séjour en préfecture par voie postale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté préfectoral (Seine-et-Marne) du 17 août 2021 prescrivant le dépôt par voie postale de certaines demandes de titre de séjour ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame D, ressortissante sri-lankaise née le 8 octobre 1988 à Kirulapana (Province de l'Ouest) entrée sur le territoire français selon ses dires le 6 décembre 2013 avec sa fille C, née le 16 novembre 2011. Elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour temporaire auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, le 17 décembre 2018. Par un arrêté en date du 27 janvier 2020, elle a fait l'objet d'une décision de refus de séjour, avec obligation de quitter le territoire français l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La légalité de cette décision a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Montreuil du 15 juin 2023. Ayant déménagé à Trilport (Seine-et-Marne), elle soutient essayer depuis avril 2023 de déposer une demande de rendez-vous en vue de solliciter à nouveau, du préfet de Seine-et-Marne, son admission exceptionnelle au séjour, sans succès. Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une date de convocation.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4 Aux termes de l'article 1er de l'arrêté préfectoral susvisé du 17 août 2021 : " Les ressortissants étrangers souhaitant déposer une demande de visée à l'article 2 du présent arrêté adresseront leur demande par voie postale. ". Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Sont concernées les demandes d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L.435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Et l'article 3 de cet arrêté précise : " La date du dépôt du dossier de demande de titre de séjour correspondra à la date de réception du dossier complet de préfecture. ( ) ".
5 En l'espèce, la requérante n'établit pas, et ne soutient d'ailleurs même pas, avoir transmis son dossier d'admission exceptionnelle au séjour par voie postale au préfet de Seine-et-Marne. Par suite, sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est dépourvue de toute utilité.
6 Dans ces conditions, la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,