Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404330

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par une ressortissante tunisienne, entrée en France dans le cadre d’un regroupement familial, afin d’obtenir, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance d’une attestation l’autorisant à travailler ou un récépissé de demande de titre de séjour. En cours d’instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l’intéressée et lui a remis un récépissé valable jusqu’au 15 octobre 2024, avec autorisation de travail. La requérante s’est alors désistée de ses conclusions principales, ce dont le tribunal lui a donné acte. S’agissant des frais irrépétibles, le tribunal a rejeté la demande de la requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, en l’absence de circonstances particulières justifiant une condamnation de l’État.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, Madame A B épouse C, représentée par Me Sénéchal, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre l'attestation l'autorisant à travailler prévue par l'article R 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir ;

2°) à défaut d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer afin qu'elle dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour et lui remette un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de 15 jours a compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L911-1 et L911-2 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à verser à son conseil au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que, de nationalité tunisienne, elle est entrée en France dans le cadre d'un regroupement familial, qu'elle a sollicité le 10 janvier 2024 de la préfète du Val-de-Marne la délivrance d'un titre de séjour, qu'elle a suivi l'ensemble du parcours de formation de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'elle n'a eu aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne y compris après l'expiration de son visa de long séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation irrégulière alors qu'elle est entrée régulièrement en France et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par une lettre du 18 avril 2024, Madame Madame A B épouse C, représentée par Me Sénéchal, indique se désister des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et maintenir celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

Elle indique qu'un récépissé valable jusqu'au 15 octobre 2024 lui a été délivré.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le

16 avril 2024 pour le dépôt de son dossier.

Par une lettre du 29 mai 2024, Madame Madame A B épouse C, représentée par Me Sénéchal, indique se désister des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et maintenir celles sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame A B, ressortissante tunisienne née le 11 novembre 1983 à Tunis, entrée en France le 26 décembre 2023 munie d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville et valable jusqu'au 6 mars 2024, dans le cadre d'un regroupement familial, a déposé, le 10 janvier 2024, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une demande de titre de séjour. Elle n'a eu aucune réponse de la préfète du Val-de-Marne. Par sa requête enregistrée le 8 avril 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et lui remettre une attestation de prolongation d'instruction. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne l'a convoquée le 16 avril 2024 pour le dépôt de son dossier et lui a remis un récépissé de demande de titre de séjour, avec autorisation de travail, valable jusqu'au 15 octobre 2024.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Par des lettres enregistrées les 18 avril et 29 mai 2024, Madame B a déclaré se désister des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

Sur les frais irrépétibles :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

5. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 600 euros qui sera versée à Me Sénéchal, conseil de Madame B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

o R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte à Madame B de son désistement des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 600 euros à

Me Sénéchal, conseil de Madame B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B épouse C, à Me Sénéchal et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,