Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404358

mercredi 4 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404358
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant algérien, afin d'obtenir le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé pour lui remettre un nouveau récépissé. Constatant que la mesure sollicitée avait été exécutée, le juge a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales. Il a toutefois condamné l'État à verser 2 000 euros à M. A au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 avril 2024, M. B A, représenté par Me Megherbi, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui accorder le renouvellement de son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la décision, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité algérienne, il a été titulaire d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 8 février 2023, comme conjoint d'une ressortissante française, qu'il en a demandé le renouvellement et s'est vu délivrer un récépissé valable jusqu'au 8 août 2023, puis un autre valable jusqu'au 19 octobre 2023 et un troisième valable jusqu'au 18 mars 2024, qu'il a demandé le renouvellement de ce récépissé le 19 février 2024, sans obtenir de réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de certificat de résidence, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le

16 avril 2024 pour le renouvellement de son récépissé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 11 octobre 1990 à Tizi-Ouzou, a épousé en mairie de Corbeil-Essonnes (Essonne) le 24 juillet 2021 une ressortissante française. La préfète du Val-de-Marne lui a délivré un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 8 février 2023. Il en a sollicité le renouvellement et s'est vu remettre, le 10 janvier 2023 un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au

8 août 2023, puis le 25 juillet 2023, un second valable jusqu'au 19 octobre 2023, et, le

19 décembre 2023, un troisième récépissé valable jusqu'au 18 mars 2024. Ce dernier récépissé n'a pas été renouvelé malgré une demande en ce sens. Par une requête enregistrée le

9 avril 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer pour renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé pour le 16 avril 2024 en vue de la remise d'un quatrième récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; () ".

4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé pour le 16 avril 2024 en vue de la remise d'un quatrième récépissé de demande de titre de séjour. M. A ne soutenant pas, plus de quatre mois plus tard, que cette convocation n'a pas été honorée et qu'un récépissé ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,