Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404610
mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2024, Madame B A épouse C, représentée par Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de 3 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat des frais irrépétibles d'un montant de 1.200 euros.
Elle soutient que, de nationalité indienne, elle est entrée en France le 11 octobre 2021 munie d'un visa de long séjour, qu'elle a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 5 janvier 2024, qu'elle en a demandé le renouvellement le 9 novembre 2023, que son dossier a été clôturé le 8 avril 2024 au motif que la demande de son conjoint était aussi à l'instruction, que celui-ci a bénéficié d'un récépissé valable jusqu'au 13 mai 2024, qu'elle a alors déposé une nouvelle demande mais ne s'est vu remettre qu'une attestation de dépôt, mais aucun récépissé, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision
administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée s'étant vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante indienne née le 24 décembre 1991 à Secunderabad (Etat de Telangana), entrée en France le 11 octobre 2021 munie d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises à New Delhi, valable jusqu'au 5 octobre 2022, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 5 janvier 2024, sur le fondement de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle en a demandé le renouvellement le 9 novembre 2023 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et n'a pas reçu, à l'échéance de son titre de séjour, d'attestation de prolongation d'instruction. Elle indique que sa demande a été clôturée le 8 avril 2024 au motif que son conjoint, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de quatre ans, portant la mention " salarié " valable jusqu'au 8 août 2023, n'en avait pas demandé le renouvellement dans les délais, cette demande n'ayant été déposée que le 14 novembre 2023, à la suite d'une convocation émise par la préfecture du Val-de-Marne le 6 juillet 2023. Madame A a alors soumis une nouvelle demande de renouvellement de sa carte de séjour le 9 avril 2024 et n'a reçu, une nouvelle fois, qu'une attestation de dépôt ne lui permettant pas de justifier du caractère régulier de son séjour sur le territoire. Par une requête enregistrée le 13 avril 2024, elle a donc demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Postérieurement à sa requête, soit le 29 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de la requérante, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 28 juillet 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de Madame A, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au
28 juillet 2024. L'intéressée ne soutenant pas que cette attestation n'a pas été renouvelée après cette date ou qu'elle n'a pas bénéficié d'une attestation de décision favorable, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1.200 euros à verser à Madame A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame A présentées sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1.200 euros à Madame A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Madame B A épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,