Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404626

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404626
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme B d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le refus implicite du tribunal judiciaire de Créteil de rectifier la mention de changement de sexe sur son acte de naissance. Le juge a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente, rappelant qu’en vertu des articles 99 et 99-1 du code civil et de l’article 1047 du code de procédure civile, les litiges relatifs à la rectification des actes d’état civil relèvent exclusivement des juridictions judiciaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 avril 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le tribunal judicaire de Créteil a refusé de rectifier la formulation de la mention de changement de sexe sur son acte de naissance ;

2°) d'enjoindre au tribunal judiciaire de Créteil de procéder à la rectification de son acte de naissance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de procédure civile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent, par ordonnance, rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.

2. D'une part, aux termes de l'article 99 du code civil : " La rectification des actes de l'état civil est ordonnée par le président du tribunal ". Aux termes de l'article 99-1 du même code : " L'officier de l'état civil rectifie les erreurs ou omissions purement matérielles entachant les énonciations et mentions apposées en marge des actes de l'état civil dont il est dépositaire et dont la liste est fixée par le code de procédure civile. () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1047 du code de procédure civile : " Les erreurs ou omissions purement matérielles qui, en application de l'article 99-1 du code civil, peuvent faire l'objet d'une rectification par l'officier de l'état civil, sont : () / 2° L'erreur ou l'omission portant sur une énonciation ou une mention apposée en marge d'un acte de l'état civil, à l'exception de celles apposées sur instruction du procureur de la République, lorsque la preuve de l'erreur ou de l'omission est rapportée par la production de l'acte, de la déclaration ou de la décision qu'il mentionne ou qu'il a omis. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que les questions relatives à la rectification des actes de l'état civil ainsi que le contentieux né de l'accomplissement de cette formalité relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire

5. Par suite, le litige de Mme B qui a pour objet la modification d'une mention apposée en marge de son acte d'état civil relative à son changement de sexe relève de la seule compétence des tribunaux judiciaires.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête Mme B comme étant portée devant une juridiction incompétente pour en connaître, en application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 2 août 2024.

La présidente

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,