Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404679
lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, Madame B A, représentée par Me Soh Mouafo, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Seine et Marne de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour ou à défaut, une attestation de dépôt de renouvellement de titre de séjour portant mention de ce qu'elle ouvre les mêmes droits que le titre de séjour qu'elle possède, dans un délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité ivoirienne, elle est entrée en France en 1998, à l'âge de 14 ans, qu'elle a bénéficié de titres de séjour dont le dernier était valable jusqu'au 24 mai 2024, qu'elle en a demandé le renouvellement le 14 avril 2024, qu'elle n'a eu qu'une attestation de dépôt, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est a besoin d'un récépissé de demande de titre de séjour pour garder son emploi, et maintenue en situation irrégulière, et que la mesure sollicitée est utile pour voir maintenus ses droits.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite puisque son titre de séjour est toujours valable.
Par un mémoire en réplique enregistré le 30 mai 2024, complété le 15 juin 2024, Madame B A, représentée par Me Soh Mouafo, conclut aux mêmes fins, son contrat de travail ayant été suspendu, et en portant à 1.500 euros sa demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Madame B A, ressortissante ivoirienne née le 18 janvier 1983 à Soubre (Région de la Nawa), a bénéficié en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " délivrée par le préfet de Seine-et-Marne et valable jusqu'au 24 mai 2024. Elle en a sollicité le renouvellement le 14 avril 2024 et s'est vu remettre une attestation de dépôt. Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour ou à défaut, une attestation de dépôt de renouvellement de titre de séjour portant mention de ce qu'elle ouvre les mêmes droits que le titre de séjour qu'elle possède. Aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été délivrée à l'échéance de son titre de séjour de sorte que son contrat de travail a été suspendu ainsi que ses droits aux allocations familiales.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4 Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : (..) Une carte de séjour temporaire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-4 du même code : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4, R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le
cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article
R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".
5 Aux termes par ailleurs de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () "
6 Il ressort des pièces du dossier que la carte de séjour temporaire arrivait à échéance le 23 mai 2024. Elle devait donc déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour au plus tard le 23 mars 2024. Or, elle ne l'a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France que le 14 avril 2024. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle a déposé sa demande tardivement et qu'elle ne remplit donc pas les conditions pour bénéficier de plein droit à une attestation de prolongation d'instruction en application des dispositions mentionnées au point précédent, à l'échéance de sa carte de séjour temporaire.
7 Dans ces conditions, la requête de Madame A ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,