Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404725

samedi 17 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404725
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant guinéen reconnu réfugié, qui demandait la délivrance sous astreinte d'un titre de voyage. Le juge constate que le document sollicité était déjà en cours de fabrication et rappelle qu'il ne peut enjoindre à l'administration de délivrer un tel titre, même s'il est de plein droit. La condition d'urgence n'est pas examinée au fond, la demande étant irrecevable en l'état.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 avril 2024, M. B A, représenté par Me Ndiaye, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer le titre de voyage établi ayant pour validité du 11 janvier 2023 jusqu'au 10 janvier 2028, à défaut lui établir un titre de voyage, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir en application des articles L 911-1 et suivants du code de Justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.000 euros au titre de l'article

L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, ressortissant de Guinée-Bissau, il a été reconnu réfugié et est titulaire d'une carte de résident, qu'il a demandé un titre de voyage le 5 septembre 2022, qu'il n'a eu aucune réponse malgré plusieurs relances du service et que la condition d'urgence est satisfaite car il doit voyager au Sénégal le 29 avril 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, le titre de voyage de l'intéressé étant en cours de fabrication.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant de Guinée-Bissau né le 20 juin 1967 à Pelundo (Région de Cacheu), titulaire d'une carte de résident en qualité de réfugié délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 27 avril 2029, a déposé le 5 septembre 2022 une demande de titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale. Il n'a reçu aucune réponse malgré plusieurs relances auprès des services de la préfecture. Par sa requête enregistrée le 16 avril 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer le titre de voyage.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le titre de voyage sollicité par M. A a été mis en fabrication le 3 mai 2024. Par ailleurs, il n'entre dans aucune des compétences du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration de délivrer un document administratif, quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit.

4. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, La greffière,