Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405105

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405105
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A, ressortissante vietnamienne, d'une demande d'injonction visant à obtenir le renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction de titre de séjour. La requérante soutenait que l'absence de renouvellement la plaçait dans une situation précaire et avait entraîné la suspension de son contrat d'apprentissage. Toutefois, la préfète du Val-de-Marne a justifié en cours d'instance avoir mis à disposition de Mme A une nouvelle attestation valable jusqu'au 2 août 2024. Par conséquent, le tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales et a rejeté la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Harir, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de renouveler son attestation de prolongation d'instruction, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le refus de renouveler son attestation de prolongation d'instruction la place dans une situation précaire anormalement longue, alors qu'elle a effectué ses démarches dans le délai imparti, qu'elle remplit l'ensemble des conditions pour obtenir le titre de séjour demandé, et qu'en conséquence son contrat d'apprentissage a été suspendu ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Mme C, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- Mme A n'a déposé sa demande de titre de séjour sur la plateforme ANEF que le 30 octobre 2023 alors que ce titre expirait le 8 novembre ;

- la requérante a été mise en possession d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande, valable jusqu'au 2 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Mme A, née le 19 avril 1996 à Ha Noï (Vietnam), entrée le 14 août 2016 sur le territoire français sous couvert d'un visa long séjour mention " étudiant " et titulaire depuis cette date de cartes de séjour temporaire portant la mention " étudiant " puis " salarié ", a présenté le 30 octobre 2023 sur ANEF une demande de renouvellement de titre avec changement de statut vers celui de conjointe d'un ressortissant français. A cette occasion, la requérante a été rendue destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction, arrivée à expiration le 16 avril 2024 sans avoir été renouvelée. Mme A demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de mettre une nouvelle attestation de prolongation d'instruction à sa disposition.

3. Toutefois, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction a été mise à la disposition de Mme A sur son espace personnel ANEF, valable jusqu'au 2 août 2024. Mme A ne fait part d'aucune difficulté relative à l'accès effectif à cette autorisation provisoire de séjour. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,