Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405183
lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405183 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2024, complétée le 22 mai 2024,
Madame B A, représentée par Me Selbi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision de refus de lui délivrer un certificat de résidence algérien rendue par la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne),
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour autorisant à travailler,
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à verser à son conseil, qui
déclare dans ce cas renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle, par application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Elle indique que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France à l'âge de 16 ans, elle a été prise en charge par l'Aide sociale à l'Enfance dès le 1er octobre 2018, qu'elle a poursuivi des études de coiffure à l'issue desquelles elle a obtenu un brevet professionnel en 2020 puis un certificat d'aptitude professionnelle en 2022, qu'elle a été titulaire d'un titre de séjour étudiant mais que à l'expiration de ce dernier en janvier 2023, elle n'a pu renouveler son titre et qu'elle se retrouve en situation irrégulière..
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, et, sur le doute sérieux, qu'elle n'est pas motivée et qu'elle est dépourvue d'examen sérieux de sa situation.
La requête a été communiquée le 29 avril 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 26 avril 2024 sous le numéro 2405186, Madame A a demandé l'annulation de la décision en litige.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 22 mai 2024, présenté son rapport et entendu les observations de Me Selbi, représentant Madame A, requérante, absente, qui rappelle qu'elle a été placée à l'aide sociale à l'enfance car elle a été rejetée par sa famille, qu'elle a travaillé sans disposer d'autorisation de travail et que la décision est illégale car ses motifs ne lui ont pas été communiqués.
La préfète du Val-de-Marne, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
La préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) a présenté une note en délibéré le 24 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante algérienne née le 5 janvier 2001 à
Aïn-Tedles (wilaya de Mostaganem), entrée en France le 10 avril 2017 munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Oran, a bénéficié à sa majorité d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant-élève ", délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 18 janvier 2023. Elle en a sollicité le renouvellement en décembre 2022 auprès de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne en demandant également un changement de statut, vers celui de salarié, car elle avait signé un contrat de travail à durée indéterminée avec la société " SB Vincennes " gérant notamment un salon de coiffure à Nogent-sur-Marne. Cette demande a été rejetée en raison du refus d'autorisation de travail opposé à cette société. Le 18 avril 2023, par l'intermédiaire de son conseil, elle a alors sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement de la vie privée et familiale. Cette demande est restée sans réponse. Par une nouvelle demande du 23 février 2024, par l'intermédiaire de son conseil, elle a demandé à la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) le renouvellement de son certificat de résidence algérien comme étudiante. Sans réponse, elle a demandé, par une requête enregistrée le 26 avril 2024, l'annulation de ce qu'elle considère être une décision implicite de rejet, et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance du 10 juin 2024 prise sur le fondement du 4°) de l'article R. 221-1 du code de justice administrative, le président de la 3ème chambre du présent tribunal a rejeté la requête en annulation formée le 26 avril 2024 par Madame A contre la décision dont elle demande la suspension de l'exécution par la présente requête, en estimant qu'elle ne justifiait pas, par les pièces qu'elle versait au dossier, et notamment par le courrier du 23 février 2024 dont elle se prévalait, avoir sollicité le renouvellement de ce titre ou la délivrance d'un certificat de résidence sur un autre fondement,
4. Par suite, la requête formée par Madame A ne pourra qu'être rejetée, dans l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,