Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405596

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405596
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, surveillant pénitentiaire. Ce dernier demandait la communication de documents administratifs (état des sommes dues, arrêté de retenues sur salaire, état des services et des congés) et une indemnisation pour préjudice. Le juge a estimé que la mesure sollicitée ferait obstacle à une décision administrative et qu'il n'est pas compétent pour accorder des réparations pécuniaires. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, complétée les 21 et 29 mai et le 3 juin 2024, M. A B doit être entendu comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire), de lui communiquer, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, l'état détaillé des sommes dues, l'arrêté indiquant les retenues sur salaire, l'état de ses services clarifié et purgé de toutes les erreurs relevées, l'état de ses congés et de son compte épargne-temps ;

2°) de mettre à la charge du garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire), la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice causé par la négligence de l'administration ;

3°) de mettre à la charge du garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire) une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, surveillant pénitentiaire, il a été victime d'un accident qui l'a immobilisé pendant six mois, qu'il a repris son service le 27 novembre 2023 et que, depuis cette date, la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire n'a pas clarifié sa situation et lui demande de rembourser des sommes sans les expliquer, que la condition d'urgence est satisfaite car ces prélèvements et la négligence avec laquelle sa situation est traitée le mettent dans une situation financière difficile, alors qu'il a fait plusieurs demandes à l'administration le

19 novembre 2021 auxquelles il n'a pas été répondu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par plusieurs demandes en date du 29 novembre 2021, transmises par la voie hiérarchique, M. B, surveillant affecté au pôle de rattachement et d'extraction judiciaire du centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne), des régularisations de ses périodes travaillées depuis le mois de juin 2021. Il a également demandé à son administration de lui communiquer les décisions justifiant des prélèvements sur ses salaires à la suite de son congé de maladie ordinaire de six mois. Considérant ne pas avoir reçu de réponses satisfaisantes de la part de son administration de gestion, il doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire), de lui communiquer l'état détaillé des sommes dues, l'arrêté indiquant les retenues sur salaire, l'état de ses services clarifié et purgé de toutes les erreurs relevées, l'état de ses congés et de son compte épargne-temps et de lui verser une somme au titre du préjudice.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. D'une part, outre qu'il n'entre pas dans les compétences du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de communiquer des documents à un de ses agents, la mesure sollicitée par le requérant aboutirait à faire obstacle à la décision administrative prise par la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire d'Ile-de-France de répondre défavorablement aux diverses demandes qui lui ont été faites par M. B.

4. D'autre part, il n'entre pas non plus dans les compétences du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'administration une somme " en réparation du préjudice causé par la négligence de l'administration ".

5. Par suite, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M ; A B et au garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire).

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,