Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405625
mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405625 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, M. C E et Madame D B, épouse E, représentés par Me Laroche, demandent au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions du 25 mars 2024 et du 18 avril 2024 par lesquelles le directeur du Service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles a refusé d'accorder à leur fille A un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites du baccalauréat de l'année scolaire 2023-2024 ;
2°) d'enjoindre directeur du Service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles de réexaminer la demande d'aménagement de leur fille dans un délai de 3 jours calendaires et de lui accorder un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites du baccalauréat de l'année scolaire 2023-2024, sous astreinte de 200 euros par jour de retard pris pour agir à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir par le tribunal ;
3°) de mettre à la charge du Service interacadémique des examens et concours des
académies de Paris, Créteil et Versailles la somme de 5.000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils indiquent que leur fille A a été diagnostiquée souffrant d'une polyarthrite juvénile et d'un lupus systémique, associé à un syndrome de Sjögren, depuis l'âge de 13 ans, qu'elle est suivie depuis cette période, que sa maladie se manifeste par des douleurs articulaires aux doigts et aux membres inférieurs, que sa maladie est incurable, qu'elle bénéficie d'un tiers-temps depuis la classe de 4ème avec l'usage d'un ordinateur, qu'ils ont demandé un même aménagement pour les épreuves du baccalauréat de la session 2024, que leur demande a été rejetée par une décision du directeur du Service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles du 25 mars 2024, confirmée sur recours le 18 avril 2024.
Ils soutiennent que la condition d'urgence est satisfaite en raison de la proximité des épreuves du baccalauréat, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en raison de la maladie chronique incurable dont leur fille souffre et qui est attestée par de nombreux certificats médicaux des médecins hospitaliers qui la soignent.
Vu
- la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024 sous le numéro 2405358,
M. C E et Madame D B ont demandé l'annulation de la décision contestée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 mars 2024, confirmée sur recours gracieux le 18 avril 2024, le directeur du service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles a autorisé la jeune A E à bénéficier, pour les épreuves du baccalauréat de l'enseignement général de la session 2024, de la " possibilité de se lever ou pause avec temps compensatoire dans la limite d'un 1/3 de temps " et de l' " utilisation de l'ordinateur ou de la tablette du candidat ", mais a refusé la demande tendant à ce qu'il lui soit accordé un tiers-temps supplémentaires pour les épreuves écrites, préparatoires et pratiques. Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. C E et Madame D B, ses parents, ont demandé au tribunal l'annulation de cette décision en tant qu'elle refuse ce tiers-temps supplémentaire et sollicitent du juge des référés, par une requête du 7 mai 2024, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 14 juin 2024, la 4ème chambre du présent tribunal a fait droit à la requête en annulation présentée par les requérants en annulant les deux décisions contestées des 25 mars et 18 avril 2024 et en enjoignant au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France d'accorder à leur fille un tiers-temps supplémentaire pour les épreuves écrites du baccalauréat de la session 2024.
4. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. C E et Madame D B présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles une somme à verser aux requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. E et de
Madame B .
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E et
Madame D B et au service interacadémique des examens et concours des académies de Paris, Créteil et Versailles.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,