Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406175
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406175 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu :
- la décision attaquée
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 13 mai 2024 sous le numéro 2405787, M. A C et M. B E ont demandé l'annulation de la décision contestée du maire de la commune de Pommeuse.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 février 2024, le maire de la commune de Pommeuse (Seine-et-Marne) a accordé un permis de construire à M. D en vue de la construction d'une maison d'habitation d'une superficie de 100,8 m² sur un terrain de 1 882 m² situé 4 rue Fonteny. M. A C et M. B E, voisins immédiats du terrain d'assiette, ont formé un recours gracieux le 18 mars 2024 qui a été rejeté le 20 avril 2024. Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, ils ont demandé au tribunal l'annulation de cette décision et sollicitent du juge des référés, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. ". Comme l'énonce cet article, le permis de construire est nécessairement délivré sous réserve des droits des tiers et il en résulte qu'il vérifie seulement la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme et non le respect des autres réglementations, notamment les règles de droit privé, en particulier, celles régissant le voisinage, ou les règles relatives à la protection de l'environnement.
4. Par suite, les moyens invoqués par les requérants à l'encontre de la décision contestée, et tirée de " l'impact écologique de la chose " sur la biodiversité de la parcelle d'assiette, sur le préjudice d'ensoleillement que la construction créerait pour eux, sur la mise en péril de la valeur des biens immobiliers alentour et sur le ruissellement important vers les terrains situés en aval que génèrerait la construction projetée ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision, la demande ainsi présentée apparaissant comme manifestement mal fondée.
5. Au surplus, il ne ressort pas des compétences du juge des référés, qui ne peut statuer, selon l'article L. 511-1 du code de justice administrative, que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire " de prononcer l'annulation d'une décision administrative. Enfin, ils n'établissent pas avoir notifié leur recours gracieux au pétitionnaire concerné en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, de nature à proroger le délai de recours contentieux.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentée par M. A C et M. B E sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er: La requête de M. A C et M. B E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et M. B E et à la commune de Pommeuse.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2406175