Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406333
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2024, M. B C A, représenté par Me Sow, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer dans un délai de 15 jours, une convocation et rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité algérienne, il est entré en France le 10 mars 2020 muni d'un visa, qu'il a souhaité déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, et a été convoqué à cet effet en préfecture le 6 novembre 2023, qu'il s'est présenté à cette date mais n'a jamais été appelé au guichet, que les agents de la préfecture ont refusé de le recevoir alors qu'il avait une convocation, qu'il a demandé le soir même une nouvelle convocation et a alerté la préfète du Val-de-Marne de ce dysfonctionnement, sans obtenir de réponse, que la condition d'urgence car il a déjà obtenu une convocation et s'est vu refuser un refus de guichet, ce qui porte atteinte à ses droits élémentaires, et que la mesure sollicitée est donc utile.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
1er juillet 2024 pour le dépôt de son dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant algérien né le 12 mai 1991 à
Tizi-Ouzou, entré dans l'espace Schengen le 10 mars 2023 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles à Alger, a été convoqué en préfecture du Val-de-Marne le 6 novembre 2023 en vue du dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Présent ce jour-là en préfecture, il n'a jamais été appelé au guichet pour le dépôt de son dossier et les services de la préfecture ont refusé de prendre celui-ci et de l'enregistrer. Il a alors sollicité de la préfète du Val-de-Marne une nouvelle convocation, sans succès malgré plusieurs relances. Il demande donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 25 mai 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de certificat de résidence. Postérieurement à sa requête, soit le 31 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne a indiqué qu'elle avait convoqué l'intéressé pour le 1er juillet 2024 à 9 heures 30.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A le 1er juillet 2024 pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. L'intéressé ne soutenant pas, près de deux mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais de justice :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2000 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2000 euros à
M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,