Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406402

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406402
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision du 22 avril 2024 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a suspendu le permis de conduire de M. B pour six mois à la suite d’un excès de vitesse. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, le requérant n’établissant pas que ses déplacements professionnels ne pourraient être effectués par un autre moyen de transport pendant la durée de la suspension. La requête est rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans examen des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, M. A B, représenté par Me La Burthe, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision en date du 22 avril 2024 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.

Il indique qu'il a été contrôlé le 20 avril 2024 sur la route nationale 3 à Charmentray (Seine-et-Marne) et qu'il lui a été reproché une vitesse de 145 kilomètre-heure, contre 90 autorisés, qu'il a contesté cette vitesse car son véhicule est incapable de l'atteindre, qu'il a été convoqué en novembre 2024 devant le tribunal de police, et que, par une décision du 22 avril 2024, il a fait l'objet par le préfet de Seine-et-Marne d'une décision de suspension de permis de conduire pour une durée de six mois.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a besoin de son véhicule pour

se rendre à son travail alors que les transports en commun sont difficilement accessibles pour lui et, sur le doute sérieux, que la décision en cause a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction, son véhicule, ancien, ne pouvant atteindre la vitesse retenue et qu'il a été confondu avec un autre véhicule.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de la route,

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 27 mai 2024 sous le numéro 2406413, M. B a demandé l'annulation de la décision en litige.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 22 avril 2024, le préfet de Seine-et-Marne a suspendu pour une durée de six mois, à compter du 20 avril 2024, soit jusqu'au 20 octobre 2024, le permis de conduire de M. A B, au motif qu'il avait été contrôlé roulant à une vitesse relevée de 145 kilomètre-heure sur une route limitée à 90. Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, M. B a demandé au tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de la condition d'urgence, le requérant soutient que la possession de son permis de conduire est nécessaire pour son activité de responsable de magasin, son lieu de travail étant distant d'une heure et trente minutes de son lieu d'habitation par les transports en commun. Toutefois, et à supposer que ce soit le cas et que ce délai rende difficile l'exercice de son activité professionnelle, le requérant n'établit pas que ses déplacements ne pourraient pas s'effectuer au moyen d'un véhicule ne nécessitant pas un permis de conduire, le temps de la suspension de son permis de conduire.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,